À l’occasion de la célébration du 25 septembre, les pharmaciens de Siguiri ont organisé une activité consacrée à la sensibilisation de la population sur l’importance du recours aux pharmacies agréées et sur les risques liés à l’utilisation irrationnelle des médicaments.

La cérémonie a réuni plusieurs autorités administratives et judiciaires, des professionnels de santé ainsi que des acteurs du secteur pharmaceutique.
Prenant la parole, Dr. Dramé Amadou, président de l’Association des pharmaciens de Siguiri, a expliqué que cette année, les pharmaciens ont décidé de mettre l’accent sur la sensibilisation et l’éducation sanitaire de la population.
Selon lui, contrairement aux années précédentes, marquées notamment par des actions sociales et des dons dans différents domaines, l’initiative de cette année vise particulièrement à accompagner les efforts des autorités dans la lutte contre la vente illicite des médicaments.

« La décision a été difficile, mais les autorités ont pris des mesures importantes pour empêcher les personnes qui ne sont pas pharmaciens de pratiquer cette profession. Nous avons décidé d’accompagner cette démarche en faisant nous aussi certains sacrifices », a-t-il expliqué.
Le président de l’Association des pharmaciens de Siguiri a également insisté sur les difficultés du métier et sur la nécessité d’une meilleure collaboration entre les différents professionnels de santé.
« Nous travaillons avec des malades et non avec des personnes en bonne santé. Gérer les malades est très difficile. Il faut donc collaborer avec les médecins, les infirmiers et les pharmaciens hospitaliers afin de faciliter cette tâche », a-t-il souligné.
35 pharmacies actuellement opérationnelles
Évoquant la situation du secteur pharmaceutique dans la préfecture, dr Dramé Amadou a indiqué que le nombre de pharmacies opérationnelles a considérablement évolué depuis les mesures prises contre la vente illicite des médicaments.
Selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie, 35 pharmacies seraient actuellement opérationnelles à Siguiri, tandis qu’une autre serait en attente d’ouverture.
Les pharmaciens souhaitent toutefois une meilleure couverture des zones rurales afin de permettre aux populations éloignées du centre urbain d’avoir accès aux médicaments dans des conditions sécurisées.
« Siguiri ne se limite pas à la commune urbaine. Il y a également les différentes sous-préfectures et les villages. Nous souhaitons donc que les populations de ces zones puissent elles aussi bénéficier d’un accès aux pharmacies », a indiqué le responsable.
Une campagne de sensibilisation à travers les médias, notamment la radio, est également prévue afin d’expliquer à la population le rôle du pharmacien, les avantages de l’achat des médicaments dans les pharmacies agréées et les risques liés à l’automédication.
L’appel du procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri
De son côté, le procureur Dominique loua a appelé les populations à privilégier les pharmacies agréées pour l’achat de leurs médicaments. Selon lui, le médicament peut contribuer à restaurer la santé lorsqu’il est correctement utilisé, mais il peut également devenir dangereux lorsqu’il est manipulé par des personnes non qualifiées.

« Lorsque vous avez une ordonnance, veuillez vous présenter devant un pharmacien agréé pour acheter vos médicaments. La santé n’a pas de prix », a-t-il lancé.
L’autorité judiciaire a également invité les populations à ne pas considérer uniquement le prix des médicaments, mais à prendre en compte les conseils et le suivi assurés par les professionnels.

Il a, par ailleurs, demandé aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux services des douanes de renforcer leur vigilance afin de lutter contre l’introduction et la circulation de faux médicaments dans la préfecture.
Un appel à renforcer la lutte contre l’usage irrationnel des médicaments
Les différents intervenants ont également insisté sur les conséquences de l’utilisation irrationnelle des médicaments et sur la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation.
Les pharmaciens ont rappelé leur responsabilité dans la protection de la santé publique et leur devoir de respecter les principes professionnels, notamment ceux liés au serment de Galien.
Pour les organisateurs, cette célébration du 25 septembre constitue donc une occasion de renforcer la collaboration entre pharmaciens, médecins, infirmiers, autorités administratives, forces de sécurité et populations afin de contribuer à une meilleure utilisation des médicaments.
L’objectif affiché est de poursuivre la sensibilisation et de rapprocher davantage les professionnels de santé des populations, particulièrement dans les zones où l’accès aux services pharmaceutiques demeure limité.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

