Alors que le gouvernement annonce un nouveau concours de recrutement à la Fonction publique pour le secteur de l’éducation, la contestation ne faiblit pas chez les enseignants contractuels communaux non retenus. À N’Zérékoré, ces enseignants s’opposent catégoriquement à cette démarche et réclament plutôt la mise en œuvre des engagements pris dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026.
Dans une interview accordée à notre correspondant ce jeudi 24 septembre 2026, le coordinateur régional du collectif, Djéby Kourouma, appelle au respect de ces engagements et annonce la poursuite de la mobilisation.
Selon lui, ces enseignants ont déjà franchi plusieurs étapes d’identification et d’évaluation en vue de leur intégration. Des témoignages recueillis mettent également en lumière les graves difficultés sociales et financières auxquelles ils font face, poussant le collectif à demander aux autorités une issue favorable avant la rentrée des classes.

« Le concours actuellement annoncé par le ministre de la Fonction publique, François Faya Bourouno, ne nous concerne pas, nous, enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée. Nous sommes déjà engagés dans un processus spécifique de revendication de notre intégration à la Fonction publique, après des années de services rendus à la nation. Pour nous, postuler à un autre concours risquerait de compromettre notre statut et d’affaiblir notre lutte collective. Nous avons été évalués lors de pratiques de classe avec des notes requises de 10, 12, 15, 16, 17 et 18, toutes répertoriées dans les bases de données. Nous avons également déposé nos dossiers. Dès lors, nous refusons catégoriquement tout nouveau dépôt sur quelque plateforme que ce soit. Nous restons mobilisés aux côtés de l’intersyndicale de l’éducation, notamment la FSPE, le SNE et le SLECG, et nous réitérons notre soutien total à la grève », a déclaré M. Kourouma, exigeant le respect intégral du protocole d’accord du 3 janvier 2026, qui prévoyait leur intégration sans concours.
Malgré le refus de participer à cette nouvelle session de recrutement, les contractuels entendent maintenir la pression sur les autorités.
« Nous maintenons notre mot d’ordre de mobilisation et de manifestation pacifique, le Saint Coran et la Bible à la main, pour que toutes les entraves à l’évolution de notre dossier soient écartées jusqu’à la signature de l’arrêté d’engagement », a martelé le coordinateur régional à N’Zérékoré.
Pour plusieurs d’entre eux, après de nombreuses années passées dans les salles de classe, le calvaire ne fait que s’intensifier. C’est le cas de Jacob Loua, enseignant d’histoire et d’éducation civique et morale (ECM) au collège de Palé, qui affirme servir dans l’enseignement depuis 16 ans.

« Je suis un enseignant contractuel non retenu au collège de Palé depuis 16 ans. Nous souffrons énormément. C’est pourquoi nous demandons humblement au père de la nation, le Président Mamadi Doumbouya, d’entendre notre voix et de mesurer notre peine. Depuis des années, nous travaillons pour aider l’État sans percevoir de primes.
Après le dernier concours, nous avons été recalés alors que nos notes prouvent que nous avons le niveau. Nous demandons au gouvernement et au chef de l’État de faciliter notre intégration. Dans cette précarité, ma femme m’a abandonné. Un jour, en grimpant à un palmier pour récolter des régimes de palme afin de subsister, je suis tombé. J’en garde encore les séquelles », confie Jacob Loua, éprouvé par la situation.
La détresse est tout aussi palpable chez les enseignantes. Nowaï Boolamou, qui totalise près de 13 ans d’ancienneté, livre un témoignage poignant.

« Depuis près de 13 ans, nous nous sommes investis dans l’enseignement pour servir notre nation, sauver l’école guinéenne et former les enfants. Face à cette situation de souffrance, mon premier mari m’a abandonnée parce que je ne ramenais rien à la maison. Pour nourrir mes enfants, je suis obligée de vendre de l’eau et des galettes après les cours. Nous prions le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et tout le gouvernement de nous venir en aide », s’est-elle lamentée, les larmes aux yeux.
Reste à savoir si le gouvernement prêtera l’oreille aux cris du cœur des enseignants contractuels non retenus.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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