Dans une sortie qui suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, le juriste Sayon Mara s’attaque à un complexe qu’il juge typiquement africain : la hiérarchisation des langues et la croyance selon laquelle la langue de l’autre serait supérieure à la sienne, voire celle choisie par Dieu pour accéder au paradis.
Le message intégral :
« La meilleure langue pour le peul, c’est le poular ; pour le maninka, c’est le maninkakan ; pour le soussou, c’est le soussou ; pour le guerzé, c’est le kpèlè ; pour le kissi, c’est le kissié. Le français, le chinois, l’anglais, l’espagnol, le coréen et les autres langues diront la même chose. Dieu n’a choisi ni créé aucune langue. Toutes les langues sont des créations humaines que Dieu aime et comprend. Seul l’Africain peut penser que la langue de l’autre est supérieure à la sienne et que c’est elle que Dieu a choisie pour accéder au paradis. Quelle connerie ! »
Une plaidoirie pour la valorisation des langues nationales
Pour ce juriste, aucune langue n’est divine par essence. Toutes, qu’elles soient africaines, européennes ou asiatiques, sont des créations humaines. Et aux yeux de Dieu, elles se valent toutes.
Sayon Mara dénonce ainsi ce qu’il considère comme une forme d’aliénation culturelle : le fait que seul l’Africain en vienne à dévaloriser sa propre langue maternelle – poular, maninkakan, soussou, kpèlè, kissié – au profit d’une langue étrangère, présentée comme plus prestigieuse ou plus spirituelle.
Un message fort qui relance, en Guinée et au-delà, le débat sur la place des langues nationales dans l’éducation, l’administration et la vie publique.
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