Fléau environnemental et véritable défi de santé publique, la prolifération des déchets plastiques étouffe les villes guinéennes. Dégradation des sols, obstruction des caniveaux entraînant des inondations, développement de maladies : les conséquences sont désastreuses. Face à cette urgence, Alpha Oumar Kalissa, chef du département d’Ingénierie de l’environnement à l’Université de N’Zérékoré, dresse un constat sans appel ce samedi 19 septembre 2026 et propose des alternatives durables.
Les racines de l’étouffement urbain

Pour ce spécialiste, la crise des déchets plastiques est un enjeu mondial qui frappe la Guinée de plein fouet, transformant les centres urbains en véritables dépotoirs à ciel ouvert. L’enseignant-chercheur pointe du doigt plusieurs facteurs aggravants liés aux modes de consommation de la population et aux circuits de distribution.
« L’importation de produits manufacturés, la production et la circulation des sachets à usage unique, ainsi que la mauvaise gestion des déchets plastiques figurent parmi les principales causes de leur accumulation dans l’environnement », a-t-il énuméré.
Interdiction étatique : une mesure à accompagner
Face aux restrictions annoncées par les autorités contre l’utilisation des plastiques, M. Kalissa se montre favorable tout en soulignant la nécessité d’un accompagnement économique pour les populations impactées. Pour lui, le sacrifice financier actuel est inévitable pour sauver l’écosystème de demain.

« Ça va au-delà de l’aspect d’une communauté ou bien d’une localité, c’est l’avenir des générations qui est mis en cause face aux déchets plastiques. Interdire les matières plastiques est une solution pour pouvoir remédier à ce problème environnemental », a-t-il affirmé.
Recyclage et changement de comportement : les clés de la réussite
Pour assainir durablement les villes, l’expert environnemental ne compte pas uniquement sur les sanctions étatiques. Il préconise une transformation profonde des habitudes quotidiennes, articulée autour de deux axes :
- La valorisation par le recyclage : l’utilisation des technologies existantes pour transformer les plastiques usagés en objets utiles (comme des arrosoirs);
- Le retour à l’éco-citoyenneté : L’abandon progressif du plastique au profit d’alternatives réutilisables.
Il invite d’ailleurs les citoyens à renouer avec les pratiques saines du passé. « Il y a quelques années, l’usage des matières plastiques n’était pas aussi élargi sur le territoire. Il nous faut revenir sur l’utilisation d’autres objets comme des sacs, des corbeilles, etc. Au lieu de boire tout le temps de l’eau en sachet, si vous avez une gourde, vous mettez de l’eau dedans. C’est ce genre de comportement qu’il faut inculquer à la population aujourd’hui. »
La conjugaison de l’application stricte des mesures gouvernementales et d’une prise de conscience citoyenne reste, à ce jour, la meilleure équation pour espérer des villes guinéennes enfin débarrassées de la pollution plastique.
Depuis N’Zérékoré JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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