L’ultimatum touche à sa fin pour les riverains du quartier Aviation. Ce lundi 14 septembre 2026, les premiers signes de l’intervention de l’État sont visibles face à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré : plusieurs propriétaires ont entamé le décoiffement de leurs immeubles.

Les locataires des niveaux supérieurs, sommés par une mission conjointe de libérer les lieux sous 48 heures, se retrouvent désemparés face au défi d’un relogement express en pleine saison des pluies.
Une sommation expéditive et sans accompagnement
La pression est montée d’un cran avec la descente sur le terrain d’une équipe mixte, composée de gendarmes et de cadres de l’Agence de l’habitat. Leur mission : notifier aux occupants l’imminence des travaux d’écrêtage des bâtiments, visant à dégager l’espace aérien et sécuriser les abords de l’aéroport.

Les locataires des deuxième et troisième étages se retrouvent en première ligne. Un résident, directement concerné par la mesure, raconte l’échange expéditif avec les agents de l’État.

« Quand l’équipe est arrivée, je suis descendu pour m’informer sur les raisons de leur présence. Ils nous ont expliqué que les locataires des deuxième et troisième étages devaient quitter les lieux dans les 48 heures, parce que les travaux allaient commencer. Je leur ai demandé s’il y avait des mesures d’accompagnement. On m’a répondu que l’agent présent ne pouvait pas se prononcer sur cette question et qu’il fallait simplement débarrasser nos effets », a avancé un parmi eux.
Le casse-tête financier du relogement d’urgence
Au-delà du délai extrêmement court, c’est la réalité économique du marché immobilier guinéen qui frappe de plein fouet ces familles. Trouver un logement décent en quelques heures relève du miracle, d’autant plus que les coûts de location ont considérablement augmenté.

Le même locataire déplore le gouffre financier qu’implique ce déménagement forcé. « Il faut trouver une autre maison et avoir les moyens financiers pour déménager. Si vous payez actuellement deux millions ou deux millions cinq cent mille francs guinéens, le nouveau logement peut coûter trois millions ou trois millions cinq cent mille francs, avec parfois une avance de plusieurs mois, voire six mois. »
Des craintes pour la sécurité des occupants des niveaux inférieurs
Si les étages supérieurs sont visés par la démolition de la toiture, les résidents des niveaux inférieurs (rez-de-chaussée et premier étage) ne sont pas pour autant rassurés. Le lancement de travaux de démolition partielle soulève de graves inquiétudes quant à la sécurité du reste des bâtiments.
Les occupants exigent que des précautions strictes soient prises pour éviter les effondrements partiels ou les chutes de gravats, rappelant que « même ceux qui habitent au premier étage peuvent être exposés à des risques ».
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.

