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11 Septembre : 25 ans après, le temps n’efface ni les victimes ni les souvenirs (Par Aboubacar Sakho)

12 septembre 2026
11 Septembre : 25 ans après, le temps n’efface ni les victimes ni les souvenirs (Par Aboubacar Sakho)

Vingt-cinq ans. Un quart de siècle. Et pourtant, pour les familles des victimes, le 11 septembre 2001 semble encore appartenir à hier. Ce vendredi 11 septembre 2026, les États-Unis commémorent avec une profonde émotion le 25ᵉ anniversaire des attentats terroristes les plus meurtriers de leur histoire, une tragédie qui a changé à jamais l’Amérique et bouleversé l’ordre du monde.

Le 11 septembre 2001, quatre avions de ligne furent détournés par des terroristes d’Al-Qaïda. Deux appareils percutèrent les tours jumelles du World Trade Center à New York, un troisième s’écrasa sur le Pentagone, siège de la puissance militaire américaine, tandis que le quatrième, le vol United Airlines 93, s’abîma en Pennsylvanie après que des passagers eurent tenté de reprendre le contrôle de l’appareil. Près de 3 000 personnes perdirent la vie. Des pères, des mères, des enfants, des époux, des collègues, des pompiers, des policiers, des secouristes et de simples citoyens qui, ce matin-là, étaient partis travailler ou prendre un avion sans imaginer qu’ils ne reverraient jamais leurs proches.

Depuis, chaque 11 septembre est devenu un rendez-vous avec la mémoire. Mais cette année, pour le 25ᵉ anniversaire, l’émotion semble encore plus forte. À New York, au cœur de Ground Zero, les noms des victimes ont été une nouvelle fois prononcés dans le silence et le recueillement. Les proches ont pleuré ceux qui leur ont été arrachés un matin de septembre 2001. Et parmi les témoignages les plus bouleversants figuraient ceux des petits-enfants des victimes. Une nouvelle génération a pris la parole pour évoquer des grands-parents qu’elle n’a parfois jamais connus, mais dont l’absence a profondément marqué les familles. Ces voix venues d’une génération née après le drame rappellent que le temps peut passer sans jamais effacer certaines blessures.

La cérémonie new-yorkaise avait également une forte portée symbolique avec la présence des quatre anciens présidents américains encore en vie : Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama et Joe Biden. George W. Bush était à la Maison-Blanche lorsque l’Amérique fut frappée. Vingt-cinq ans plus tard, les voir réunis pour honorer les victimes rappelait combien le 11 septembre appartient désormais à la mémoire collective de toute une nation, au-delà des présidences, des partis et des divergences politiques.

Parmi les personnalités présentes figurait également Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, dont le nom reste intimement associé aux heures tragiques qui suivirent les attentats. À l’époque, il avait incarné, aux yeux du monde, le visage d’une ville frappée au cœur mais déterminée à tenir debout. Sa présence, un quart de siècle plus tard, témoignait elle aussi de la profondeur de cette mémoire.

Le président Donald Trump, de son côté, participait à une autre cérémonie organisée au Pentagone, rappelant que le 11 septembre ne fut pas seulement une tragédie new-yorkaise. Le Pentagone fut lui aussi frappé ce matin-là, faisant 184 victimes. À travers les différents lieux de commémoration, la même volonté s’exprimait : honorer les morts, soutenir les survivants et transmettre leur histoire aux générations futures.

Mais le 11 septembre fut également le début d’une traque qui allait durer près de dix ans. Très rapidement, les États-Unis désignèrent Al-Qaïda et son chef, Oussama ben Laden, comme les responsables des attentats. Dès lors, une immense chasse à l’homme commença. Ben Laden devint l’homme le plus recherché par les États-Unis, symbole du terrorisme international et de la menace qui avait frappé l’Amérique sur son propre sol.

Pendant près d’une décennie, il parvint à échapper aux forces américaines. Puis, dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 mai 2011, une opération des forces spéciales américaines fut menée contre sa résidence d’Abbottabad, au Pakistan. Oussama ben Laden fut tué au cours de cette opération. Quelques heures plus tard, le président Barack Obama annonçait au peuple américain la disparition du chef d’Al-Qaïda. Pour les États-Unis, cette opération constituait l’aboutissement d’une traque commencée au lendemain du 11 septembre. Pour de nombreuses familles de victimes, elle fut ressentie comme une forme de justice après dix années d’attente et de douleur. Mais la mort de Ben Laden ne pouvait évidemment rendre aux familles leurs proches disparus. Elle ne pouvait effacer les images des tours en flammes, les appels téléphoniques désespérés, les sirènes, la fumée ni le traumatisme de ceux qui avaient vécu cette journée.

Et la tragédie ne s’est pas arrêtée avec la chute des tours. Les conséquences humaines du 11 septembre se sont prolongées pendant des années. Des milliers de pompiers, policiers, secouristes, travailleurs et riverains exposés aux poussières et aux substances toxiques dégagées lors de l’effondrement du World Trade Center ont développé, au fil du temps, de graves maladies. Certains sont morts des années après les attentats. Ils sont devenus, eux aussi, des victimes du 11 septembre, rappelant que certaines tragédies continuent de produire leurs effets longtemps après que les caméras ont quitté les lieux.

En vingt-cinq ans, le monde a profondément changé. Les attentats ont entraîné la guerre en Afghanistan, une transformation radicale des politiques de sécurité américaines et une profonde réorientation de la politique étrangère des États-Unis. Ils ont également changé notre manière de penser le terrorisme, la sécurité aérienne, les frontières et les menaces transnationales. Le 11 septembre a marqué une rupture historique dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

Mais au-delà des guerres, des opérations militaires, des représailles et de la traque d’Oussama ben Laden, il faut revenir à l’essentiel : derrière les chiffres, il y avait des êtres humains. Des vies. Des familles. Des rêves. Des histoires qui se sont brutalement interrompues.

Vingt-cinq ans après, ce sont donc les victimes qu’il faut placer au centre de la mémoire. Ceux qui sont morts dans les avions. Ceux qui ont péri dans les tours. Ceux qui ont perdu la vie au Pentagone. Les passagers du vol 93. Les pompiers qui sont montés dans les immeubles en flammes. Les policiers qui ont tenté de sauver des vies. Les secouristes qui ont travaillé dans les décombres. Et tous ceux qui, après avoir survécu à cette journée, ont payé leur courage de leur santé et parfois de leur vie.

Aujourd’hui, leurs enfants et leurs petits-enfants portent cette mémoire. Certains n’ont connu leurs grands-parents qu’à travers des photographies, des récits de famille et quelques souvenirs conservés précieusement. Pourtant, ils savent que leurs vies sont intimement liées à cette journée du 11 septembre 2001.

C’est pourquoi, vingt-cinq ans après, le devoir de mémoire reste essentiel. Se souvenir du 11 septembre, ce n’est pas seulement se souvenir de la violence et du terrorisme. C’est se souvenir de l’humanité frappée dans sa chair. C’est rendre hommage aux innocents. C’est honorer le courage des secouristes. C’est écouter la douleur des familles. C’est transmettre aux générations futures le souvenir de ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux.

Vingt-cinq ans ont passé. Les tours ne sont plus là. Les enfants de 2001 sont devenus adultes. Certains des témoins de cette époque ont vieilli. D’autres sont morts. Mais les noms demeurent, gravés dans la mémoire et dans la pierre.

Le 11 septembre 2001 restera à jamais une date qui a changé le cours de l’histoire. Mais derrière l’histoire, derrière la géopolitique et derrière les décisions prises dans les années qui ont suivi, il y a près de 3 000 destins brisés et des milliers de familles à jamais marquées.

En ce 11 septembre 2026, vingt-cinq ans après l’horreur, l’Amérique se souvient. Et le monde, lui aussi, n’oublie pas.

À toutes les victimes, à leurs familles, aux survivants, aux secouristes et à tous ceux dont la vie a été bouleversée ce jour-là : hommage, respect et mémoire.

Aboubacar SAKHO
Expert en Communication

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