La situation du domaine de la Palmeraie continue de susciter des interrogations à Kolaboui. Réunis avec les populations du secteur Babadiya, dans le district central, le maire de la commune, Youssouf Bangoura, a invité les citoyens à la prudence, notamment ceux qui envisagent d’acquérir des parcelles ou d’y engager des investissements, rapporte notre correspondant basé sur place.
Au cours de cette rencontre, l’autorité communale a recommandé aux éventuels acquéreurs de mettre provisoirement en pause toute nouvelle opération sur le site. Une mesure qui, selon la mairie, doit permettre d’éviter aux citoyens de prendre des risques financiers avant que la situation administrative et foncière du domaine ne soit définitivement éclaircie.
D’après les explications fournies par le maire, le domaine de la Palmeraie aurait été, à l’origine, un vaste espace couvert de palmiers et assimilé à une zone forestière. Face aux problèmes d’insécurité qui y étaient enregistrés à l’époque, les autorités auraient entrepris son morcellement afin de permettre à des citoyens aux revenus modestes d’y établir leurs habitations.

« Il y avait tellement de palmiers et autres, c’était peut-être une forêt. Les gens se permettaient de faire du viol, du vol, d’assassinat là-bas », a relaté Youssouf Bangoura.
L’attribution des parcelles aurait toutefois été soumise à plusieurs obligations. Les bénéficiaires devaient notamment procéder à la mise en valeur des terrains dans des délais précis, avec une première étape consacrée au nettoyage et à la préparation des espaces.
« De un à six mois, il faut nettoyer complètement l’endroit et mettre la mise là-dessus, pour ne pas que ça redevienne encore la forêt », a expliqué le maire.
Ces parcelles étaient destinées principalement à la construction de logements. La municipalité rappelle ainsi que leur vocation initiale n’était pas commerciale ou destinée à accueillir des établissements tels que des bars ou des cabarets.
Une autre disposition évoquée au cours de la rencontre concerne le délai de mise en valeur. Selon Youssouf Bangoura, le document administratif ayant encadré l’opération prévoit un délai maximum de trois ans. Au-delà de cette période, une parcelle non mise en valeur pourrait, selon les termes rapportés par le maire, revenir à l’État.
« Si tu n’interviens pas sur le domaine durant trois ans, le domaine fait retour d’office au propriétaire, qui n’est personne d’autre que l’État », a-t-il déclaré.
Consciente des incertitudes qui entourent aujourd’hui le domaine, la nouvelle équipe municipale affirme vouloir privilégier le dialogue avec les autorités compétentes. Des démarches devraient ainsi être entreprises auprès des autorités préfectorales et régionales, mais également à Conakry, afin de déterminer avec précision la situation juridique du site.
Dans cette attente, Youssouf Bangoura demande aux citoyens de ne pas se précipiter dans de nouvelles transactions.
« Que tout le monde sursoit d’abord à tout ce qu’on est en train de faire, le temps pour la mairie d’accentuer les contacts au niveau préfectoral, régional jusqu’à Conakry », a-t-il lancé.
Le message de la mairie vise particulièrement les personnes qui souhaiteraient acheter des parcelles, entreprendre des constructions ou réaliser d’importants investissements sur le domaine. L’objectif est de prévenir d’éventuels litiges et surtout d’éviter que des citoyens ne se retrouvent demain avec des investissements difficiles à préserver.
Le maire a toutefois apporté une précision concernant les personnes ayant déjà construit. Selon lui, celles qui ont respecté les dispositions initiales ne sont pas, pour le moment, concernées par cet appel à la suspension.
« Ceux qui ont construit, ceux-ci, ils sont dans le délai et ils sont dans les normes pour le moment, par rapport à ce que l’autorité avait écrit », a rassuré l’édile.
À travers cette démarche, la mairie de Kolaboui dit vouloir privilégier la prévention plutôt que d’attendre l’apparition de conflits. Elle appelle donc les populations à la patience, à la vigilance et à éviter toute précipitation, en attendant les conclusions des démarches engagées auprès des autorités supérieures.
Pour le maire, la clarification du statut de la Palmeraie est d’autant plus importante que cette zone constitue aujourd’hui l’un des principaux espaces lotis de Kolaboui.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

