L’urgence environnementale et sécuritaire sonne aux portes de Kissidougou. À environ 3 kilomètres du centre-ville, le dépotoir central de Songbô (quartier Missira) est plongé dans une anarchie chronique.
Sous l’effet des fortes pluies et des déchargements sauvages, des montagnes d’immondices envahissent désormais l’axe routier menant aux sous-préfectures de Fermissadou et Yombirô, exposant les usagers à de graves dangers.
Un monstre d’ordures de plus de 2 hectares
La décharge de Songbô, vaste de plus de deux hectares, est aujourd’hui saturée. Les voies d’accès menant au cœur du dépotoir sont complètement obstruées par des montagnes de détritus. En cette période d’hivernage, la situation prend une tournure critique : les fortes précipitations ravinent et repoussent des tonnes de déchets directement sur la route très fréquentée qui longe le site. À chaque grande pluie, la chaussée se rétrécit un peu plus, engloutie par les immondices.

Laxisme institutionnel et indiscipline des tricycles
Face à ce chaos, le contraste est saisissant entre l’ampleur du problème et les mesures adoptées par les autorités. Historiquement, les équipes communales successives se sont contentées de solutions curatives éphémères — le déploiement occasionnel de bulldozers (caterpillars) pour repousser les tas d’ordures — sans jamais instaurer de véritable politique de gestion des déchets.
À ce vide institutionnel s’ajoute l’indiscipline de certains acteurs de la pré-collecte. Les conducteurs de tricycles, chargés d’acheminer les ordures ménagères vers le site, sont particulièrement pointés du doigt. Faute de gardiennage ou de supervision, ils règnent en maîtres sur la décharge, déversant leurs chargements au gré de leurs humeurs, parfois directement sur la chaussée, aggravant ainsi l’obstruction.
Le cri d’alarme des usagers de la route
La colère et l’inquiétude montent chez les riverains et les usagers de cet axe routier, qui craignent le pire. Ousmane Diawara, un jeune conducteur de taxi-moto qui emprunte régulièrement cette voie, tire la sonnette d’alarme.

« Vraiment, ce dépotoir commence à menacer notre route. Il y a des ordures qui envahissent désormais une bonne partie de la chaussée. Si rien n’est fait, les ordures risquent de couper cette route ou bien ça peut même provoquer des accidents. Je lance un appel pressant à la Mairie de Kissidougou pour intervenir. Parfois, je trouve des conducteurs de tricycles qui déversent les ordures sur la route et quand on leur parle, ils nous répondent mal. C’est devenu de la sainte pagaille ici et c’est nous qui en souffronsn », a-t-il alerté.
Tous les regards sont désormais tournés vers la nouvelle équipe communale. Se contentera-t-elle des mêmes mesures palliatives que ses prédécesseurs, ou aura-t-elle le courage politique de doter Kissidougou d’une gestion pérenne et moderne de sa décharge centrale ?
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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