Ce dimanche 23 août 2026 restera comme une journée particulièrement douloureuse pour la famille MANSARE, mais aussi comme un moment fort de mémoire pour le mouvement sportif guinéen. Après la prière de 14 heures, la dépouille de Hadja AYE MANSARE a été levée et conduite au cimetière de Cameroun, à Conakry, où elle repose désormais.
La cérémonie a connu une forte mobilisation de la famille, des amis, des collègues, des acteurs du football et du mouvement sportif guinéen. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Fodéba Isto Keira, Antonio Souaré, Ibrahima Blasco Barry, ainsi que plusieurs autres responsables et figures du sport guinéen, venus témoigner leur solidarité à la famille et rendre un dernier hommage à cette grande dame du football féminin.
Autour de son cercueil se sont retrouvés parents, amis, collègues, responsables sportifs, entraîneurs, formateurs et anciennes connaissances de celle qui fut l’une des figures pionnières du football féminin en Guinée.
Les différents témoignages livrés au cours de cette cérémonie ont dessiné le portrait d’une femme engagée, joyeuse, courageuse et profondément attachée au sport. Ils ont surtout permis de mesurer l’empreinte qu’elle laisse dans l’histoire du football féminin guinéen.
Pour moi, en tant qu’oncle de la défunte, cette journée est difficile à raconter avec de simples mots. Mais au-delà de la douleur familiale, il m’appartient aussi de témoigner de l’empreinte qu’AYE MANSARE laisse dans notre société et particulièrement dans le sport guinéen.
Son histoire est intimement liée à celle du football féminin dans notre pays. À une époque où la pratique sportive féminine n’avait ni la reconnaissance ni les moyens dont elle bénéficie aujourd’hui, elle a fait partie de ces femmes qui ont osé franchir les barrières et prendre leur place sur le terrain comme dans l’encadrement sportif.
Son amie d’enfance, Mamadama, affectueusement appelée « Maradona », l’a rappelé avec émotion. Ensemble, elles ont vécu les premiers moments du football féminin en Guinée. Leur parcours témoigne d’une époque où il fallait beaucoup de détermination pour permettre aux jeunes filles de pratiquer le football et de se faire une place dans un univers largement dominé par les hommes.
Cette génération de pionnières n’a pas simplement pratiqué le football. Elle a contribué à changer les mentalités.
C’est précisément cet héritage que le représentant du mouvement sportif guinéen a voulu mettre en lumière lors de la cérémonie. Le sport féminin, a-t-il rappelé, ne commence pas aujourd’hui. Il a été porté par des femmes qui, dans un contexte où beaucoup de choses n’étaient pas acquises, ont dû se battre pour que les femmes occupent pleinement la place qui leur revient dans la société. AYE MANSARE appartient désormais à cette mémoire.
Son parcours professionnel témoigne également de cette volonté de servir. En 2015, elle rejoint la Direction nationale du sport scolaire et universitaire comme chargée d’études. Au fil des années, son engagement la conduit à devenir cheffe de la section du sport féminin.
Au nom de cette direction, M. Pivi a salué une collaboratrice dont la disparition crée un vide difficile à combler. Il a évoqué une femme joyeuse, une entraîneure et une formatrice, dont la présence et l’engagement auront marqué ses collègues.
Le monde du football guinéen ne pouvait évidemment pas rester silencieux devant une telle disparition.
Kanfory Lappé Bangoura, directeur technique de la Fédération guinéenne de football, ancien joueur de l’équipe nationale et parrain du mariage de la défunte, a livré un témoignage empreint d’affection et de reconnaissance au nom de l’Association des entraîneurs et formateurs de Guinée.
De son côté, M. Ibrahima Blasco Barry, secrétaire général de la Fédération guinéenne de football, a rendu, au nom de la famille du football guinéen, un hommage mérité à celle qui fut une véritable pionnière du football féminin guinéen.
Au nom de la famille, Mohamed Lamine MANSARE, dans son oraison funèbre, a retracé le parcours de la défunte, permettant à l’assistance de mesurer davantage l’étendue de sa vie, de ses engagements et des valeurs qu’elle a transmises.
Puis est venu le témoignage de Djibril Firawa Touré, l’un de ses enfants. À travers sa voix, c’est une autre dimension d’AYE MANSARE qui est apparue : celle de la mère, de la femme de famille, de celle dont la disparition laisse une blessure que les hommages publics ne pourront jamais entièrement refermer.
Car derrière la pionnière, l’entraîneure, la formatrice et la responsable du sport féminin, il y avait avant tout une mère, une sœur, une amie, une épouse et une parente.
Aujourd’hui, nous pleurons donc une personne qui nous était chère. Mais nous célébrons également une vie qui a compté.
AYE MANSARE s’en va, mais son combat demeure. Son nom restera associé à cette génération de femmes qui ont contribué à faire émerger le football féminin guinéen à une époque où le chemin était encore semé d’obstacles.
La cérémonie de ce dimanche aura ainsi été bien plus qu’un dernier adieu. Elle aura été un moment de reconnaissance envers une femme qui a servi son pays à travers le sport et qui laisse derrière elle un héritage que les générations futures devront préserver.
À la famille, aux amis, aux collègues et à toute la communauté sportive guinéenne, je voudrais dire que notre douleur est immense, mais que nous pouvons aussi trouver une forme de consolation dans l’héritage qu’elle nous laisse. Elle a vécu. Elle a servi. Elle a transmis. Elle a ouvert une voie.
Et désormais, c’est à nous de faire en sorte que cette voie ne soit jamais oubliée. Que son souvenir demeure dans nos cœurs. Que son âme repose en paix.
Aboubacar SAKHO
Expert en Communication
Oncle de la défunte

