L’activiste poursuivi devant le tribunal de première instance de Dixinn pour des faits présumés de diffamation et d’injures par le biais d’un système informatique a comparu à la barre. Les charges retenues contre lui avaient notamment été formalisées lors de son audition du 13 août dernier.
À la barre, le prévenu a apporté des précisions sur la publication à l’origine de la procédure. Il affirme avoir parlé des imams de manière générale, sans viser directement le premier imam de la Grande Mosquée de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara.
« Je parlais des imams de façon générale », a-t-il déclaré.
L’activiste dit toutefois regretter certaines interprétations de ses propos. « J’ai le sentiment d’avoir été injurieux et diffamé », a-t-il indiqué, tout en rappelant qu’il n’avait jamais mentionné le nom de l’imam dans la publication incriminée.
Il explique également avoir supprimé son post dès qu’il a été interpellé à ce sujet.
À la barre, le prévenu est également revenu sur les circonstances de son interpellation. Il affirme avoir été arrêté dans son établissement scolaire, alors qu’il se trouvait à son bureau.
« J’ai été kidnappé manu miliatari à mon école. J’étais assis tranquillement à mon bureau quand j’ai vu un pick-up de la gendarmerie dans mon école. Un gendarme m’a demandé de les suivre. J’ai posé la question de savoir ce qu’on me reprochait. Ils ont insisté. Je leur ai dit d’attendre, je vais informer mon épouse, ils ont retiré mon téléphone et mon sac », a-t-il relaté.
Selon lui, les agents lui auraient demandé de les suivre sans lui préciser immédiatement les faits qui lui étaient reprochés. Il affirme avoir demandé à informer son épouse avant de partir, mais que son téléphone et son sac lui auraient été retirés.
L’activiste indique par ailleurs avoir été auditionné de 22 heures à 3 heures du matin.
Évoquant les conséquences de cette procédure, il dit éprouver « un sentiment de regret par rapport aux extrapolations » faites autour de ses propos, ainsi qu’un sentiment de « deux poids, deux mesures ».
« Logiquement, je ne devrais pas être là. On m’a privé de liberté et de nourriture pendant quatre jours. Je devrais être convoqué en amont », a-t-il soutenu.
Au cours des débats, le juge a également rappelé plusieurs anciennes publications attribuées au prévenu.
Parmi celles-ci figure un message publié en 2022 dans lequel il écrivait notamment. « L’imam Saliou a participé quand l’enterrement des jeunes de l’axe, pourtant c’est humain et non politique, mais comme il mange, il se tait ».
Une autre publication datant de 2020 a également été évoquée : « L’imam, la paix c’est de dire à Alpha Condé de partir ». Le prévenu a reconnu être l’auteur de ces publications.
Alors que le tribunal avait demandé la présence de l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara, celui-ci ne s’est pas présenté à l’audience. Le parquet a expliqué cette absence par le retard accusé dans l’ouverture des débats et a sollicité un ajournement en attendant son arrivée.
La défense s’est, pour sa part, opposée à cette demande. Selon les avocats, la présence de l’imam n’est pas indispensable, d’autant plus qu’il aurait, dans sa déposition, pardonné au prévenu. La défense souligne également que l’imam ne porterait pas plainte contre l’activiste dans son procès-verbal.
Nous y reviendrons
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com, depuis le Tribunal de première instance de Dixinn.

