À l’initiative de la Fondation Friedrich Ebert, des représentants syndicaux venus de tout le continent, dont le Guinéen Sékou Jamal Pendessa, se sont réunis en Afrique du Sud pour lancer un programme triennal axé sur l’égalité professionnelle et le mentorat.

Bâtir un monde du travail plus équitable et protecteur pour les familles dans le secteur de la grande distribution : tel est le défi relevé cette semaine par plusieurs figures du syndicalisme africain, réunies à Pretoria pour un atelier de concertation stratégique. Organisé par le Centre de compétences syndicales pour l’Afrique subsaharienne de la Fondation allemande Friedrich Ebert (FES), ce rendez-vous a rassemblé des délégués issus de diverses organisations continentales, parmi lesquels figurait le Secrétaire général du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG), Sékou Jamal Pendessa.

L’initiative s’inscrit dans un processus de longue haleine entamé en 2017 auprès des employés des géants du secteur tels que Shoprite, Pick n Pay ou Massmart. Soutenue depuis 2019 par le partenariat entre le réseau syndical UNI-Africa et la Fondation Friedrich Ebert, cette démarche vise à placer la protection de la famille au cœur des négociations collectives, en prenant notamment appui sur un accord-cadre de référence élaboré par le syndicat sud-africain SACCAWU.
Un plan d’action sur trois ans
Loin de se limiter à un simple état des lieux, les travaux de Pretoria ont posé les jalons d’un programme étalé sur trois ans. Ce cycle triennal ambitionne d’instaurer des normes sociales plus strictes au sein des entreprises du secteur autour de plusieurs priorités majeures :
L’extension des droits parentaux : revalorisation des congés de maternité et de paternité, aménagement du temps de travail pour les jeunes parents et appui aux solutions de garde d’enfants.
L’égalité professionnelle : résorption des écarts salariaux injustifiés, accès paritaire aux postes à responsabilité et lutte contre les discriminations liées à la situation familiale.
La protection et la représentativité : prévention des violences et du harcèlement au travail, couplée à une présence accrue des femmes au sein des comités de négociation et des instances décisionnelles syndicales.

Le mentorat pour former la relève
Pour traduire ces engagements dans les faits face aux directions d’entreprises, la nouvelle phase du projet s’appuiera sur un système de binômes. Ce dispositif de mentorat associera des syndicalistes assaisonnés à de jeunes travailleuses, garantissant ainsi la transmission de l’expertise sur les conventions collectives et la protection des salariés face aux risques de représailles.
Au terme des deux jours d’échanges, les participants ont réaffirmé leur volonté de faire évoluer le dialogue social dans la région autour d’un principe central.

« Les travailleurs sont aussi des parents et leurs enfants sont les travailleurs de demain ! »
Alpha.

