Le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré s’est montré implacable lors de l’audience criminelle de ce vendredi 31 juillet 2026. Le président du tribunal, Ismaël Nabé, a prononcé deux peines de 30 ans de réclusion criminelle dans deux drames familiaux distincts : un homicide sur fond de manipulation d’arme à feu entre frères et une tentative d’assassinat conjugal.
Drame fraternel : la thèse de l’accident rejetée, 30 ans pour Théodore Samy
Le premier dossier a examiné le meurtre d’un jeune homme par son frère consanguin, Théodore Samy. À la barre, l’accusé est apparu en larmes, défendant la thèse du coup de feu accidentel survenu lors d’une dispute fraternelle bon enfant pour l’empêcher d’aller chasser de nuit.
« Mon cher frère m’a conseillé de revenir au village pour rester avec lui. […] C’est cet amour qui a existé entre nous. Un samedi, je devais aller à la chasse nocturne. Mon frère m’a dissuadé de partir. […] Il a attrapé l’arme pour me dire : Reste ici ce soir, on va aller se recréer ». C’est dans ce tiraillement qu’il y a eu le tir et il a été mortellement atteint. Mais je ne savais pas si l’arme contenait une balle », a-t-il confessé.
Malgré l’émotion de sa déposition, le tribunal a déclaré Théodore Samy coupable de meurtre et l’a condamné à 30 ans de réclusion criminelle, mettant les frais de justice à sa charge.
Tentative d’assassinat conjugal : 30 ans de prison et 200 millions GNF d’amende pour Mamè Sabine Saba
La seconde affaire opposait dame Mamè Sabine Saba à son époux, Yves-Alexandre Monèmou. Poursuivie pour vol et pour avoir poignardé son mari à plusieurs reprises dans le but de lui ôter la vie, l’accusée a adopté une défense basée sur la négation totale des faits.
Dans son délibéré, le juge Ismaël Nabé a prononcé un verdict nuancé sur les charges, mais d’une extrême sévérité sur la peine principale.
Sur le vol, l’accusée est déclarée non coupable et renvoyée des fins de la poursuite pour délit non établi. Sur la tentative d’assassinat, elle est déclarée coupable et condamnée à 30 ans de réclusion criminelle.
Sur l’action civile, le tribunal a reçu la constitution de partie civile de M. Yves-Alexandre Monèmou et a condamné Mamè Sabine Saba à lui verser la somme de 200 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Conformément au code de procédure pénale, le président du tribunal a rappelé aux deux condamnés qu’ils disposent d’un délai légal de 15 jours pour interjeter appel de ces décisions s’ils les contestent.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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