L’émotion est vive en Guinée après l’annonce du décès de Mamadou Djouma Bah, un candidat au Baccalauréat Unique 2026, survenu alors qu’il purgeait une peine de prison pour fraude d’examen.
Dans un communiqué officiel publié ce jeudi 23 juillet 2026, le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry s’est exprimé sur ce drame qui secoue la communauté éducative et le pays tout entier, tout en annonçant le réexamen judiciaire complet de l’affaire.
Une condamnation ferme suivie d’une fin tragique
Les faits remontent au 2 juillet dernier lors des épreuves du Baccalauréat à Kindia. Les services de surveillance avaient surpris six candidats en possession de documents frauduleux, dissimulés dans des vêtements ou des cahiers de brouillon.
Jugés en comparution immédiate le 7 juillet par le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia, les six lycéens ont été reconnus coupables de fraude aux examens sur la base de l’article 686 du Code pénal. Le tribunal avait alors tranché en leur infligeant « un (01) mois d’emprisonnement » assorti d’un mandat de dépôt.
C’est au cours de sa détention à la maison centrale de Kindia que le jeune Mamadou Djouma Bah a développé de graves complications de santé. Transféré en urgence au Centre Hospitalier Régional Alpha Oumar Diallo sur instruction du Procureur de la République, le candidat est malheureusement décédé durant sa prise en charge médicale.
»En cette douloureuse circonstance, le Parquet Général présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à ses proches, à l’ensemble de la communauté éducative guinéenne ainsi qu’au peuple de Guinée, et exprime sa profonde compassion face à cette perte », a déclaré l’institution judiciaire dans son communiqué.
Le Parquet fait appel : Rendez-vous le 27 juillet devant la justice
Face à la gravité de la situation et aux circonstances entourant ce dossier, l’appareil judiciaire a décidé de faire marche arrière sur le jugement initial rendu à Kindia.
Le Parquet de la République près le TPI de Kindia, estimant que le premier jugement « mérite un nouvel examen par la juridiction du second degré », a formellement « régulièrement relevé appel contre le jugement » sur le fondement de l’article 578 du Code de procédure pénale.
L’affaire prend désormais une tournure supérieure : elle sera réexaminée par la Chambre des appels correctionnels de la Cour d’appel de Conakry dès ce lundi 27 juillet 2026.
Un rappel à l’ordre sur la rigueur des examens
Tout en faisant part de son deuil, le Procureur Général Fallou Doumbouya a tenu à recadrer le débat sur l’importance de la lutte contre la fraude en milieu scolaire.
»La crédibilité des évaluations nationales constitue un patrimoine collectif dont la préservation incombe à tous. Garantir l’authenticité des diplômes délivrés par la République, assurer l’égalité des chances entre les candidats et promouvoir la culture du mérite sont des impératifs qui conditionnent la qualité du capital humain et le développement durable de notre Nation », a-t-il précisé.
L’audience de lundi prochain s’annonce déjà cruciale, tant pour l’avenir juridique des autres candidats coprévenus que pour apporter la lumière et la justice attendues par la famille du défunt.

Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
