L’émotion est à son comble dans la cité des agrumes. Ce mercredi 22 juillet 2026, au lendemain des explications du parquet concernant la mort du candidat Mamadou Diouma Bah, les élèves de la commune urbaine se sont rassemblés pour exprimer leur profonde tristesse.

Par la voix de Kadiatou Diallo, ils ont lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la libération des candidats et des enseignants incarcérés pour fraude au baccalauréat, dénonçant des sanctions pénales jugées trop sévères.
Un deuil qui éclipse l’attente des résultats du Bac
La marche de protestation initialement prévue à 10 heures a été annulée dans un esprit d’apaisement, mais le message n’en est pas moins passé. Pour les élèves, la disparition de leur camarade Mamadou Diouma Bah a créé une onde de choc qui a totalement balayé l’angoisse habituelle liée à l’attente des résultats des examens. La représentante des élèves, Kadiatou Diallo, a décrit ce traumatisme collectif.

« Aujourd’hui, nous sommes là avec une tristesse dans le cœur. […] Ça nous blesse, ça nous décourage dans les études. Hier, on avait le stress du résultat du baccalauréat, aujourd’hui aucun élève de baccalauréat ne se stresse du résultat. Demandez aux élèves dans la rue. […] Qu’il publie ou non, ça ne fait rien », a-t-elle dénoncé.
Repenser la sanction : la perte de l’année scolaire privilégiée à la prison
Le discours des élèves ne vise pas à légitimer la tricherie, qu’ils reconnaissent comme un fait existant malgré les mises en garde. Cependant, ils estiment que la politique de répression actuelle impulsée par le ministère de l’Éducation nationale est disproportionnée.

Selon Kadiatou Diallo, l’annulation de la candidature est une punition amplement suffisante.
« Nous, on veut faire comprendre à l’État guinéen : si on fraude un élève, de stopper sa candidature pour cette année. Et l’année prochaine il peut reprendre le bac sans qu’on ait l’emprise. […] Une fois qu’un enfant fraude au baccalauréat, qu’il perde l’année blanche, cela suffit. 9 mois de préparation s’écouler en un seul jour », a-t-elle martelé.
Un appel poignant à la clémence du Président Doumbouya
L’intervention s’est achevée par une supplique poignante adressée directement au Président de la République, Mamadi Doumbouya. Les jeunes plaident pour la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de ces fraudes, en soulevant le cas particulièrement dramatique d’une mère de famille incarcérée.

« On a besoin du savoir. Si on nous emprisonne, nous, les futurs fruits de ce pays, qu’est-ce qui va devenir la Guinée, s’il vous plaît ? Le président Mamadi Doumbouya, je vous demande humblement pardon, libérez les autres. Nous nous mettons à terre pour vous supplier. […] Pensez à la femme qui doit nourrir son bébé. S’il vous plaît, pensez à elle. Libérez nos enseignants. On a besoin d’eux pour les cours de vacances », a-t-elle lancé.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.

