Dans un plaidoyer engagé, le juriste Sayon Mara lance un vibrant appel à la réappropriation culturelle sur le continent africain. Il y dénonce l’effacement identitaire causé par l’adoption massive de prénoms issus des héritages coloniaux et extérieurs, et propose des mesures concrètes pour que l’Afrique retrouve ses racines patronymiques.
Le prénom, socle fondamental de l’identité
Pour l’auteur, la perte de repères commence dès l’état civil. Le prénom n’est pas qu’une simple appellation ; il est le reflet d’une histoire, de valeurs sociétales et d’une lignée.
Sayon Mara dresse un constat amer sur la scène internationale : « L’identité d’une personne commence par son prénom. Lorsque différentes nationalités et races se rencontrent, l’Africain est l’un des rares, pour ne pas dire le seul, qu’on ne peut généralement reconnaître à travers son prénom, car il porte souvent celui d’un autre ancêtre, un prénom qui n’a rien à voir avec ses valeurs sociétales. »
Fustigeant ce qu’il qualifie de « colonisation culturelle » et pointant notamment du doigt les influences historiques extérieures (comme l’influence arabe), le juriste appelle le continent à se réveiller de son « long sommeil » pour se réapproprier cette part d’elle-même.
Trois propositions pour une révolution patronymique
Pour passer du constat à l’action, l’auteur formule trois recommandations majeures ciblant à la fois les institutions et les citoyens :
1. Une réforme administrative incitative : Il demande au gouvernement de faciliter les démarches pour ceux qui souhaitent abandonner leurs prénoms importés au profit de prénoms authentiques africains. Cela inclut la mise en place d’une véritable politique d’encouragement à délaisser ces appellations qui « ne nous rassemblent ni ne nous ressemblent ».
2. Une transition par l’insertion : Pour les populations hésitant à sauter le pas de l’abandon total, il suggère un compromis : insérer de petits prénoms traditionnels africains entre le prénom importé et le nom de famille (patronyme).
3. La lutte contre l’homonymie importée : Il préconise de réduire drastiquement la pratique de l’homonymie (donner le nom d’un aîné ou d’un bienfaiteur) lorsque celle-ci perpétue l’usage de prénoms d’origine étrangère.
Merci de lire ci-dessous, cette tribune.
Pour un retour aux prénoms traditionnels africains et l’abandon de ceux importés, je propose :
1. au gouvernement, de faciliter les démarches administratives relatives au changement de prénoms importés pour des prénoms authentiques africains, pour ceux qui en expriment le besoin, et de mettre en place une politique d’encouragement à l’abandon de ces prénoms qui ne nous rassemblent ni ne nous ressemblent ;
2. Aux populations, à défaut d’abandonner les prénoms importés pour des prénoms traditionnels africains, d’insérer entre les premiers et les patronymes ou noms de famille de petits prénoms traditionnels africains ;
3. de réduire drastiquement l’homonymie aux prénoms importés.
L’identité d’une personne commence par son prénom. Lorsque différentes nationalités et races se rencontrent, l’Africain est l’un des rares, pour ne pas dire le seul, qu’on ne peut généralement reconnaître à travers son prénom, car il porte souvent celui d’un autre ancêtre, un prénom qui n’a rien à voir avec ses valeurs sociétales.
Réveille-toi, Afrique, de ton long sommeil. Les Arabes, notamment, ont trop abusé de toi. Il faut que l’Afrique retrouve cette partie d’elle-même qu’elle a perdue depuis que nos ancêtres ont commencé à porter des prénoms issus de la colonisation culturelle.
Sayon MARA, Juriste.

