La polémique autour du recrutement des communautés impactées par les activités minières prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la mobilisation des jeunes des districts de Djakhabia, Sogoboly, Tassibon et Kamikolon, qui réclament le retour du recrutement des postes communautaires au niveau de leurs localités, le maire de la commune rurale de Kolaboui, Youssouf Bangoura, a livré sa lecture de la situation. Pour lui, la disparition des bureaux communautaires est la conséquence d’une décision prise par l’État, et non par les autorités communales.
Depuis plusieurs jours, la gestion des recrutements destinés aux communautés impactées par l’exploitation minière alimente les débats dans cette collectivité de la préfecture de Boké. Les jeunes des districts concernés estiment que le système actuel ne répond plus à leurs attentes et souhaitent voir rétablir le mécanisme qui permettait autrefois aux districts de gérer directement les postes qui leur étaient attribués.
En réponse à ces revendications, le maire de Kolaboui affirme que la commune applique simplement les dispositions fixées par les autorités centrales. Selon lui, les bureaux communautaires, autrefois chargés d’accompagner le processus de recrutement, ont été dissous à la suite d’un arrêté ministériel.
« C’est l’État qui a supprimé tous ces bureaux communautaires en République de Guinée. Les sociétés minières transmettent désormais leurs besoins en recrutement à la commune, qui se charge uniquement de répartir les quotas entre les districts concernés », a expliqué Youssouf Bangoura.
L’édile insiste sur le fait que la mairie ne procède ni au recrutement ni au choix des bénéficiaires. Son rôle, soutient-il, se limite à communiquer à chaque district le quota qui lui est attribué.
Le maire n’a pas non plus manqué de répondre aux accusations formulées contre la commune. Il estime que les critiques sont entretenues par des personnes ayant appartenu aux anciens bureaux communautaires aujourd’hui dissous.
« Ceux qui tiennent ces accusations faisaient partie des bureaux communautaires supprimés. Les raisons de leur dissolution sont connues de tous », a-t-il déclaré.
Alors que le débat continue de diviser les acteurs locaux, Youssouf Bangoura appelle les populations au calme et à la retenue. Il exhorte les jeunes à privilégier les voies de concertation afin de préserver un climat social apaisé dans une commune où les questions liées à l’emploi restent particulièrement sensibles.
Cette sortie intervient au lendemain de la réunion tenue à Djakhabia, au cours de laquelle les jeunes de quatre districts ont demandé le retour du recrutement communautaire au niveau des districts. Ils estiment qu’une telle organisation favoriserait davantage de transparence dans la répartition des postes et permettrait aux jeunes des localités directement impactées par les activités minières de bénéficier plus équitablement des opportunités d’emploi. Certains participants avaient également critiqué l’attitude de responsables locaux, qu’ils accusent de ne pas défendre suffisamment les intérêts des communautés.
À travers cette mise au point, le maire de Kolaboui entend rappeler que la réforme du mécanisme de recrutement relève avant tout des décisions des autorités nationales et que la commune agit dans le strict respect des textes actuellement en vigueur.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

