L’hivernage est de retour en Guinée, et avec lui, son lot de menaces pour la santé publique. Diarrhée, choléra, fièvre typhoïde et paludisme connaissent traditionnellement une flambée pendant cette période. Dans une récente sortie médiatique, le médecin généraliste et ancien député Dr Ben Youssouf Keïta a tenu à sensibiliser les populations sur ces maladies d’origine hydrique et vectorielle, tout en dictant les gestes qui sauvent.
Le choléra : une menace mortelle liée à la déshydratation
Si la Guinée a été épargnée par des épidémies majeures de choléra ces dernières années grâce aux efforts des autorités sanitaires, le risque demeure présent, surtout en saison pluvieuse. Cette maladie d’origine hydrique se caractérise par une évolution foudroyante.
Le Dr Keïta rappelle la gravité de l’infection causée par la bactérie Vibrio cholerae.
« Le principal symptôme du choléra est une diarrhée très abondante qui provoque une déshydratation sévère en moins de 24 heures. Sans une prise en charge rapide, la maladie peut être mortelle, surtout chez les jeunes enfants, dont près de 70 % du poids corporel est constitué d’eau », a-t-il déclaré.
Fièvre typhoïde : attention à l’eau et aux aliments crus
Les fortes précipitations favorisent le ruissellement des eaux usées et des déchets vers les zones de maraîchage. Ce phénomène augmente considérablement le risque de contracter la fièvre typhoïde, causée par la bactérie Salmonella Typhi.
Le praticien met particulièrement en garde contre les habitudes de consommation quotidiennes.
« Elle se transmet par voie oro-fécale, c’est-à-dire par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. […] Si ces légumes ne sont pas correctement lavés avant leur consommation, ils peuvent transmettre la fièvre typhoïde. Il faut également être très prudent avec les sachets d’eau. Avant de les porter à la bouche, il est recommandé de les nettoyer, car leur surface peut être contaminée par des microbes manipulés par différentes personnes », a-t-il poursuivi.
Le paludisme : l’ennemi numéro un de l’hivernage
Malgré la dangerosité des autres pathologies, le paludisme reste la menace la plus répandue et la plus mortelle. L’accumulation d’eaux stagnantes crée des foyers de reproduction idéaux pour les moustiques.
« Le paludisme demeure la principale maladie de la saison pluvieuse. […] Il reste aujourd’hui la première cause de consultation dans les centres de santé en Guinée et l’une des principales causes de décès chez les enfants », déplore le médecin.
Les recommandations pour une prévention efficace
Pour faire face à ces menaces, le Dr Ben Youssouf Keïta appelle à une mobilisation conjointe des citoyens et de l’État. La prévention repose sur un triptyque essentiel : l’hygiène, l’assainissement et la vigilance.
Les gestes à adopter par les citoyens :
- Curer régulièrement les caniveaux autour des habitations;
- Évacuer correctement les eaux usées (après la lessive ou la vaisselle);
- Éliminer toute source d’eau stagnante dans les concessions pour empêcher la ponte des moustiques;
- Laver soigneusement les fruits, légumes et nettoyer l’emballage des sachets d’eau avant consommation.
Les responsabilités de l’État :
- Poursuivre et intensifier les opérations de curage des grands caniveaux;
- Assurer la collecte régulière des déchets ménagers;
- Renforcer les campagnes de pulvérisation intra-domiciliaire contre les moustiques;
- Promouvoir la vaccination, particulièrement le vaccin contre le paludisme.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
