Dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient souvent les tensions, la lutte contre les discours haineux devient une priorité nationale. Ce lundi 13 juillet 2026, l’ONG Terre des Hommes, en collaboration avec l’UNICEF, a fait escale à N’Zérékoré pour la huitième et dernière étape de sa session de vulgarisation du cadre juridique réprimant les discours de haine et l’incitation à la violence.
Un projet national d’envergure pour la paix
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet d’Appui à la promotion et à la protection des droits de l’homme pour la consolidation de la paix en République de Guinée. Financé par le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (PBF) et mis en œuvre conjointement par le PNUD, le HCDH et l’UNICEF, ce programme a déjà sillonné plusieurs grandes villes du pays : Conakry, Boké, Kindia, Labé, Mamou, Faranah et Kankan.
Jacques 1 Kolié, facilitateur de la rencontre, a rappelé la genèse de cette démarche.
« C’est dans ce cadre que Terre des hommes Guinée, en collaboration avec l’Unicef, et en partenariat avec le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme (MJDH) a organisé huit sessions de vulgarisation […] pour promouvoir un espace de dialogue sans haine ni incitation à la violence. Cette activité permettra de renforcer les mécanismes de sanction, de contrôle et de redevabilité des masses, des médias et des réseaux sociaux », a-t-il déclaré.

Outiller les acteurs locaux face aux dérives
La session, tenue dans la salle de conférence du bloc administratif de la préfecture, a réuni une vingtaine d’acteurs clés de la région forestière : représentants des médias, membres de la société civile, forces de défense et de sécurité, ainsi que des leaders de la jeunesse.
Les échanges se sont articulés autour de textes fondamentaux :
- Le Code de procédure pénale;
- Le Code civil;
- Le Code pénal.
L’objectif principal était de fournir aux participants des outils concrets pour identifier et distinguer clairement un discours haineux, à travers l’analyse d’exemples pratiques tirés du quotidien et des plateformes numériques.
L’appel à impliquer la sphère politique
À l’issue de la formation, l’initiative a été vivement saluée par les bénéficiaires. André Kolié, communicant et influenceur digital, a exprimé sa satisfaction tout en formulant une recommandation majeure pour l’avenir du projet.
« Je suis très ravi du fait que cette formation se soit tenue aujourd’hui à N’Zérékoré. Elle m’a permis d’être imprégné des textes de loi qui régissent la communication et renforcent la liberté d’expression. […] Je sollicite l’élargissement de ces initiatives tout en impliquant les leaders des partis politiques et leurs communicants. Parce qu’aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, il y a non seulement les influenceurs, mais aussi les communicants politiques » a-t-il assuré.
Engagé à devenir un relais d’information au sein de sa communauté, ce participant souligne l’importance de prévenir les menaces en ligne qui fragilisent le tissu social. Ce projet vient ainsi renforcer l’offensive gouvernementale pour une meilleure appropriation des droits humains en Guinée.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 620 980
