La sécurité carcérale est au cœur des préoccupations judiciaires. Ce jeudi 9 juillet 2026, le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a mené une vaste opération inopinée de fouille à la maison centrale. Appuyée par la gendarmerie, cette descente a permis la saisie de nombreux objets dangereux, tout en dressant un état des lieux des conditions de détention.

Une fouille préventive aux résultats édifiants
L’intervention, destinée à renforcer la sécurité au sein de l’établissement pénitentiaire, a ciblé l’intérieur même des cellules. Les agents ont mis la main sur un arsenal de fortune inquiétant : paires de ciseaux, pinces, tournevis, marteaux et autres objets contondants. Ces outils représentaient un risque majeur, pouvant être utilisés comme armes lors de bagarres ou pour faciliter des tentatives d’évasion.

Le procureur a toutefois tenu à saluer le travail de l’administration pénitentiaire, soulignant que ces découvertes ne résultent pas d’un laxisme du personnel.
« Nous avons effectué des fouilles systématiques dans chaque cellule et nous avons retrouvé plusieurs objets. Ce n’est pas par négligence. Je sais que le régisseur est très tenace et efficace. Il effectue régulièrement ce genre de fouilles. D’ailleurs, lorsque nous sommes arrivés, les détenus eux-mêmes nous ont affirmé qu’ils étaient fouillés régulièrement. Mais il est également de notre responsabilité de venir vérifier le travail effectué, puisque la prison relève de notre autorité », a-t-il déclaré.
Il a rappelé l’importance vitale de ces contrôles routiniers pour garantir la sécurité des détenus eux-mêmes, ainsi que celle des gardiens.
Contraste saisissant entre la cuisine et l’infirmerie
Au-delà de l’aspect purement sécuritaire, l’inspection s’est étendue aux conditions de vie des détenus. Le magistrat a d’abord visité le service de restauration, où le constat s’est révélé très positif, avec un stock suffisant de denrées alimentaires (riz, huile de palme, patates) et des conditions d’hygiène respectées.
En revanche, le constat est alarmant du côté du pôle santé. Mamadou Bhoye Diallo a tiré la sonnette d’alarme sur la vétusté de l’infirmerie.

« Au niveau de l’infirmerie, il y a beaucoup de difficultés. Le bâtiment est très vétuste et mérite d’être rénové. Il faut une couche de peinture. Le personnel ne dispose pas du matériel nécessaire pour travailler. Il n’y a ni table d’examen, ni lit pour les malades, ni tensiomètre. Beaucoup d’équipements font défaut. Nous allons remonter cette situation aux autorités compétentes afin que des solutions soient trouvées », a-t-il dressé.
Un parquet sous tension mais résilient
Cette descente a également été l’occasion pour le procureur de faire le point sur le fonctionnement de son propre service. Face à une population carcérale toujours élevée, le parquet de Kindia doit composer avec un manque de ressources humaines criant, le procureur exerçant actuellement sans substitut.
Malgré cette charge de travail, Mamadou Bhoye Diallo se veut rassurant sur la diligence des procédures en cours.
« Nous faisons notre travail avec sérieux. Malgré cela (le manque d’effectif, ndlr), nous avançons dans de nombreux dossiers. Vous avez également constaté que les audiences criminelles ont déjà commencé et reprendront le lundi 13 juillet », a-t-il conclu.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.

