Invité ce lundi 6 juillet 2026, de l’émission Guineetoday sur Télé24, le ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Alpha Bacar Barry, s’est prêté au jeu du bilan quelques mois seulement après sa prise de fonction.
Entre rigueur face à la fraude et innovations pédagogiques, le ministre trace les contours d’une profonde mutation du système éducatif guinéen.
Un marathon évaluatif mené à son terme
Pour le ministre, dresser un bilan exhaustif reste encore prématuré, mais le défi logistique a été relevé.
‘’C’est assez prématuré de faire le bilan des examens dans les détails. Nous ferons le devoir de faire un rapport détaillé et de le publier à la fin de ce processus’’, a-t-il déclaré.
Il a tenu à rappeler la succession intense des épreuves qui ont mobilisé le pays ces dernières semaines. « Il faut juste mentionner que nous avons aligné, dans les dernières semaines, les examens de sortie de l’enseignement professionnel et technique, l’examen d’admission au collège, le BEPC, le baccalauréat ainsi que les examens des centres d’apprentissage post-primaire et secondaire. » Une charge de travail colossale qui nécessite désormais un temps d’analyse afin de « proposer des solutions pour qu’on puisse parfaire notre système d’évaluation», a-t-il estimé.
Le ministre a également profité de cette tribune pour annoncer une nouvelle de première importance pour les candidats au Certificat d’Études Primaires (CEE).
‘’L’examen d’admission au collège, les résultats sont disponibles très, très bientôt, dans les prochaines heures’’, a-t-il annoncé.
Tolérance zéro contre la fraude et un soutien sans faille des forces de l’ordre
Interrogé sur les tentatives de fraude et le démantèlement de réseaux sur WhatsApp lors du baccalauréat 2026, Alpha Bacar Barry s’est montré d’une fermeté absolue.
‘’Il est clair qu’il n’y a pas d’examen sans fausses notes. Il y a eu des manquements, il y a eu des tentatives de fraude, il y a eu une fraude que nous avons identifiée et que nous sommes en train de gérer d’un point de vue réglementaire, mais aussi d’un point de vue juridique’’, a-t-il indiqué.
Ensuite, le ministre a salué l’implication décisive des forces de sécurité et des autorités locales (gouverneurs, préfets) pour préserver l’intégrité du processus, tout en précisant le profil des personnes interpellées.
‘’Il y a eu des enseignants qui ont été appréhendés, il y a eu des citoyens lambda, donc, des parents d’élèves, il y a eu des élèves, et il y a eu des étudiants qui ne sont pas dans le système de l’éducation première… Il y a eu des cas de substitution’’, a-t-il avoué.
Pour faire face à cette criminalité à l’ère du numérique, le ministre mise sur une prise de conscience collective et l’éducation.
‘’Amener son enfant dans un processus de fraude, c’est construire un enfant qui va frauder toute sa vie et c’est lui couper son indépendance, son autonomie… Un parent d’élève n’aime pas son enfant quand il le met dans un processus de triche’’, a-t-il assené.
Concernant les sanctions, la réponse de l’État sera implacable. Les coupables feront face à la fois à la justice et à des conseils de discipline, prévient le chef du département.
‘’Pour ceux qui sont dans la fraude au niveau des examens, ils perdent automatiquement leur statut de compétiteur. Pour les enseignants qui sont impliqués là-dedans, ils vont perdre leur statut et puis ils ne vont pas être impliqués prochainement dans les examens’’, a-t-il averti assurant qu’il « y veillerait personnellement » à l’application stricte de la loi.
Session de rattrapage au Bac : Une mesure d’orientation historique
L’une des grandes annonces de cette intervention concerne l’instauration d’une session de rattrapage pour les candidats au baccalauréat ayant obtenu une moyenne comprise entre 8,50 et 9,99. Alpha Bacar Barry a tenu à préciser qu’il s’agit d’une directive directe du chef de l’État.
‘’Il faut d’abord saluer, c’est une vision du Président, c’est une instruction du Président de la République… d’accorder de la chance à certains de nos candidats qui auront eu, pendant le processus d’évaluation, des soucis ou des contre-performances peut-être dues à la santé, dues à plusieurs facteurs qui sont aujourd’hui tolérables’’, a-t-il précisé.
L’objectif de ce rattrapage n’est pas seulement de repêcher les élèves, mais de les orienter stratégiquement vers des filières d’avenir.
‘’Les candidats au rattrapage, la priorité d’orientation, ils auront le bac comme les autres, mais la priorité d’orientation, c’est vers les structures de l’enseignement technique et de la formation professionnelle qui forment également à des métiers qui demandent à avoir le bac comme le BTS’’, a-t-il martelé.
Toutefois, le ministre a conclu en expliquant que ce dispositif n’est « pas un processus de blocage, mais plutôt d’orientation qui valorise ces jeunes-là » et qui favorisera grandement leur insertion rapide sur le marché de l’emploi en Guinée.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
