Dans la commune rurale de Souguéta, l’installation du nouveau conseil communal a viré à la contestation. Depuis la cérémonie organisée le jeudi 2 juillet 2026, de vives tensions secouent la localité. Une frange importante de la population dénonce une « sélection » arbitraire et exige l’installation d’Aboubacar Camara, candidat de l’UDG, qu’ils considèrent comme le vainqueur légitime des élections du 31 mai dernier.

Une disqualification de dernière minute jugée incompréhensible
Le cœur de la contestation réside dans l’écartement inattendu de la tête de liste de l’UDG lors du processus d’installation. Les citoyens estiment que leur candidat remplissait toutes les conditions légales, son dossier ayant franchi toutes les étapes administratives et judiciaires sans encombre.

Abdoulaye Bangoura, un citoyen de la localité, exprime l’incompréhension générale face à ce qu’il qualifie d’arrangement politique.

« Qu’est-ce qu’on a entendu ? Que notre candidat Aboubacar Camara n’est pas éligible. Comment quelqu’un peut déposer sa candidature, être accepté au niveau sous-préfectoral, à la Direction générale des élections, et jusqu’à la Cour suprême, pour qu’on vienne nous dire après sa victoire qu’il ne peut pas être maire ? Le jeudi 2 juillet, ils étaient venus pour une sélection et non une élection. Aucun conseiller n’a voté. On leur a simplement annoncé qu’il fallait passer au deuxième candidat, issu de l’ancienne délégation spéciale », a-t-il dénoncé.
Rejet catégorique du nouveau maire par les femmes

La mobilisation ne faiblit pas du côté des femmes de Souguéta, qui rejettent fermement la légitimité du maire fraîchement installé, l’associant à l’ancienne gestion transitoire de la commune. Yarie Bangoura, résidente de la commune, porte la voix de cette fronde et promet de poursuivre la contestation.

« Nous sommes catégoriques dans notre décision. Nous ne voulons pas de ce nouveau maire, parce qu’il n’a pas remporté les suffrages. Ce nouveau maire est un ancien président de la délégation spéciale. Il a passé deux ans avec nous et nous savons comment il a dirigé la commune. Nous demandons aux autorités de nous rétablir dans nos droits, sinon, nous préférons rester sans maire plutôt que d’accepter cette situation », a-t-elle menacé.
L’UDG réclame un vote transparent et le respect des urnes
Soutenue par plusieurs sages de la région, la section locale de l’Union Démocratique de Guinée (UDG) s’insurge contre l’absence de vote formel des conseillers lors de l’installation. Morlaye Camara, secrétaire général du parti à Souguéta, met au défi les autorités de justifier cette élimination tardive.

« Nous sommes prêts à accepter le verdict des urnes, mais, il faut qu’il y ait un vote. Aucun critère ne peut éliminer notre candidat à ce stade. Si un problème existait dans son dossier, cela devait être signalé dès le dépôt de sa candidature. Le décret est sorti, cela a été annoncé à la télévision. Nous n’accepterons pas qu’une décision prise à la dernière minute vienne remettre tout cela en cause », a-t-il affirmé.
En attendant une communication officielle ou une intervention des autorités compétentes pour clarifier cette situation, le climat reste électrique dans la commune rurale de Souguéta.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
