Le processus de retour à l’ordre constitutionnel franchit son avant-dernière étape décisive. Moins d’un mois après le double scrutin historique du 31 mai 2026, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) vient de siffler le début de la gouvernance locale.
Par le biais d’un arrêté officiel, les sessions inaugurales de l’ensemble des conseils communaux de la République de Guinée ont été fixées au jeudi 2 juillet 2026, à 9 heures précises.
Un ordre du jour ultra-cadré et exclusif
Conformément aux exigences strictes du Code électoral et du Code révisé des collectivités locales, cette première prise de contact au sein des mairies ne laissera aucune place aux débats politiques ou aux digressions. L’ordre du jour est verrouillé et se limitera exclusivement à trois actes juridiques majeurs : l’installation officielle des conseillers communaux dans leurs fonctions; l’élection du Maire; et l’élection des Adjoints au maire (l’exécutif communal).
« Aucune autre question ne pourra être inscrite à l’ordre du jour », précise fermement le texte du MATD, afin d’éviter tout blocage ou tension dans les communes politiquement disputées.
Scrutin secret, parité et prime à la jeunesse
Le mode d’élection des futurs patrons des municipalités obéira à des règles de transparence rigoureuses. Le vote se fera à bulletins secrets. Pour être sacré maire ou adjoint, un candidat devra réunir la majorité absolue des voix des conseillers au premier tour. En cas de ballottage, un second tour sera immédiatement organisé, où la majorité relative suffira.
L’innovation majeure et hautement symbolique de cet arrêté réside dans la gestion des cas d’égalité parfaite des voix.
La priorité sera accordée à la femme candidate. Si le blocage persiste à défaut de candidature féminine, c’est le candidat le plus jeune qui sera déclaré élu.
Pour mener ces opérations électorales internes, le conseil sera temporairement présidé par son doyen d’âge, qui sera assisté par les deux plus jeunes conseillers de l’assemblée en guise de secrétaires de séance.
Un dispositif de surveillance administrative strict
Le gouvernement entend garder un œil vigilant sur la régularité de cette rentrée politique. À Conakry, les opérations seront placées sous la supervision directe du Gouverneur de la ville ou de son représentant. À l’intérieur du pays — de Labé à N’Zérékoré en passant par Kankan —, cette lourde responsabilité incombera aux préfets et sous-préfets.
De plus, le MATD déploiera des missions d’appui et d’observation composées de cadres techniques. Ces derniers n’auront aucun droit de vote ou d’ingérence dans les délibérations, mais veilleront au respect millimétré de la loi. À l’issue des votes, un procès-verbal (PV) devra être dressé et transmis à la Direction nationale des collectivités locales dans un délai maximum de 72 heures.
Cette installation simultanée des conseils communaux le 2 juillet viendra clore les spéculations post-électorales et permettra aux nouvelles équipes d’entamer la mise en œuvre des politiques de développement à la base, parallèlement à l’installation prochaine de la future Assemblée nationale.
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