La procédure en appel visant l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a franchi une nouvelle étape ce jeudi 18 juin 2026, devant la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Après avoir été entendu depuis son lit de malade lors des précédentes audiences, le dossier est désormais entré dans sa phase de plaidoiries et de réquisitions.
À l’ouverture de l’audience, le président de la composition, Daye Chérif Mara, a appelé l’unique affaire inscrite au rôle avant de demander aux différentes parties si elles étaient prêtes pour les plaidoiries et réquisitions, conformément au calendrier fixé lors de la précédente audience.
La parole a d’abord été donnée à la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État. Prenant la parole, Me Pépé Antoine Lama a soutenu que le dossier Kassory Fofana figure parmi les affaires dont les faits sont, selon lui, clairement établis. L’avocat a notamment insisté sur la gestion présumée de plusieurs milliards de francs guinéens dans le cadre de la Mission d’appui à la mobilisation des ressources internes (MAMRI) et de l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES).
Revenant sur les arguments développés par la défense, qui conteste notamment le rapport de l’Inspection générale de l’État (IGE), Me Lama a estimé que les pièces versées au dossier suffisent à démontrer la réalité des infractions reprochées à l’ancien chef du gouvernement.
La partie civile a demandé à la Cour de confirmer les chefs d’accusation retenus contre Dr Kassory Fofana, notamment le détournement de deniers publics et l’enrichissement illicite. L’avocat de l’État s’est également interrogé sur l’origine de plusieurs biens attribués à l’ancien Premier ministre, estimant que ceux-ci seraient difficilement compatibles avec les revenus liés à ses fonctions publiques.
Dans ses réquisitions, le parquet spécial a lui aussi demandé à la Cour de rejeter l’appel introduit par la défense. Considérant que les infractions poursuivies sont établies et constituées, le ministère public a sollicité la confirmation du jugement rendu le 27 février 2025, tant sur les dispositions pénales que civiles.
À l’opposé, la défense a réaffirmé l’innocence de son client. Les avocats de Dr Kassory Fofana soutiennent que ce dernier plaide non coupable des faits qui lui sont reprochés et dénoncent un procès à caractère politique. Selon eux, les poursuites engagées contre l’ancien Premier ministre seraient intervenues dans un contexte particulier, après les événements du 5 septembre 2021 et sa désignation à la tête du RPG Arc-en-ciel.
Les débats se poursuivent désormais avec les plaidoiries de la défense, avant que la Cour ne se retire pour délibérer ou fixe la date de sa décision.
Affaire à suivre.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
