À Boké, les commerçants du marché Hangar, installé à proximité du grand caniveau de Kadiguira, au niveau du rond-point, exercent leurs activités dans un environnement de plus en plus préoccupant. Entre amas d’ordures, fumées persistantes et odeurs nauséabondes, les occupants des lieux dénoncent des conditions de travail difficiles.

Faute d’un système efficace de collecte et d’évacuation des déchets, les riverains sont souvent contraints de brûler les détritus sur place, aggravant davantage la situation. À l’approche de la saison des grandes pluies, les commerçants tirent la sonnette d’alarme et lancent un appel aux autorités. Ce week-end notre rédaction s’est rendue sur les lieux pour constater l’ampleur du phénomène.

À quelques mètres seulement du grand caniveau, une épaisse fumée mêlée à une odeur suffocante accueille les visiteurs. Le long du canal et dans ses ramifications, s’étendent des tas d’immondices composés de déchets ménagers, plastiques et autres détritus de toutes sortes. Un décor qui contraste avec l’intense activité commerciale du marché.
Selon plusieurs riverains, le site est devenu au fil du temps un point de déversement d’ordures. Enfants, commerçants, mais aussi personnes errantes ou souffrant de troubles mentaux y déposeraient régulièrement leurs déchets, contribuant à l’accumulation des immondices et à la dégradation du cadre de vie.

‘’Nous souffrons ici beaucoup, il n’y a pas de poubelles au marché , les déchets qu’ils jettent ici, c’est sur ça ils mettent le feu, mais l’odeur que cela dégage est difficile à supporter. Les saletés vraiment c’est difficile. Dans tous les marchés on trouve des poubelles sauf ici’’, déplore Djenab Camara.
Installée à quelques mètres du caniveau, Mariam Barry, commerçante, se dit particulièrement préoccupée par l’arrivée imminente des grandes pluies. Elle affirme que malgré les sensibilisations, certaines personnes continuent de venir déverser des déchets, parfois tard dans la nuit, accentuant les risques d’obstruction du canal.

‘’Ils attendent quand on rentre nous coucher, ils viennent par après jeter les ordures par derrière pendant la nuit. Ce sont les commerçants, parfois qui remettent les ordures aux enfants, les malades mentaux. Nous on ose plus parler. Quand tu parles, on t’insulte. Pourtant, nous payons la taxe de la salubrité’’, accuse-t-elle.
Les commerçants rappellent qu’ils s’acquittent régulièrement de la taxe de salubrité, mais regrettent de ne pas en percevoir les retombées concrètes. Ils dénoncent notamment l’absence de poubelles publiques au sein du marché, une situation qui pousse de nombreux usagers à jeter leurs déchets dans le caniveau. À cela s’ajoute le manque de curage régulier de l’ouvrage, favorisant l’accumulation des ordures.

Craignant les inondations, la prolifération des moustiques et l’apparition de maladies liées à l’insalubrité, les commerçants lancent un appel pressant aux autorités locales afin qu’une solution durable soit trouvée avant les fortes pluies.
‘’Le fossé que vous voyez ici, tous les déchets que vous connaissez sont déverser Ici. Les ordures sont jetés ici nuit au jour. Aujourd’hui, nous sollicitons de l’aide des personnes de bonne volonté, nous invitons aux autorités locales de nous venir en aide c’est urgent’’, lance une marchande.
À quelques semaines du pic de la saison pluvieuse, les commerçants du marché Hangar espèrent une réaction rapide des autorités. Sans intervention urgente pour l’évacuation des déchets et l’assainissement du caniveau. Ce qui n’est aujourd’hui qu’une nuisance pourrait rapidement se transformer en véritable problème sanitaire et environnemental pour tout le quartier de Kadiguira.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

