Le Parquet Spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a annoncé, ce mercredi 6 mai 2026, l’ouverture d’une enquête préliminaire d’envergure. Au cœur du dossier : des soupçons de malversations massives entourant l’assainissement du Fichier Unique de Gestion Administrative et de Solde (FUGAS).
C’est un coup de tonnerre dans les couloirs de l’administration publique guinéenne. Par le biais du communiqué n°208/CRIEF/PPS/2026, le Procureur Spécial près la CRIEF a officialisé la mise en place d’une « task force » judiciaire pour faire la lumière sur les opérations de fiabilisation du fichier des fonctionnaires.
Une « Escouade Mixte » pour traquer les cadres indélicats
Pour mener à bien cette mission, le Parquet n’a pas fait les choses à moitié. Une formation mixte d’Officiers de Police Judiciaire (OPJ) a été réquisitionnée, regroupant l’élite des services d’enquête du pays :
La Direction Centrale des Investigations Judiciaires de la Gendarmerie (DCIJ-GN) ;
L’Office de Répression des Délits;
Économiques et Financiers (ORDEF) ;
L’Agence Nationale de la Lutte contre la Corruption (ANLC-PBG) ;
La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
Des chefs d’accusation accablants
L’enquête, ouverte contre « X », vise une panoplie d’infractions graves qui auraient été commises lors du processus d’assainissement du fichier. Les enquêteurs planchent sur des faits présumés de :
« Corruption d’agents publics, enrichissement illicite, faux et usage de faux en écritures publiques, prise illégale d’intérêt, concussion et blanchiment de capitaux. »
L’objectif affiché par l’État est clair : mettre fin à l’hémorragie financière causée par les « fonctionnaires fantômes » et les doubles facturations qui pèsent indûment sur le budget national.
« Identifier et interpeller sans délai »
Le Procureur Spécial a donné des instructions fermes. Les OPJ sont requis d’identifier les auteurs, coauteurs et complices, sans que les commissions administratives existantes ne puissent entraver la marche de la justice. Le message est sans équivoque : la phase de la simple gestion administrative est dépassée, place désormais à la phase pénale.
Cette procédure pourrait éclabousser plusieurs directions des ressources humaines au sein des départements ministériels et des services déconcentrés, alors que le gouvernement tente, depuis plusieurs mois, de rationaliser les dépenses liées à la solde.
Un appel à la vigilance
Afin de couper court aux rumeurs et à la désinformation, le Parquet Spécial a invité le public et les agents de l’État à ne se référer qu’aux canaux officiels. Un numéro vert (627-80-17-17) a été mis à disposition pour garantir la transparence de la procédure.
Alors que les premières interpellations sont attendues dans les prochains jours, la Guinée retient son souffle. Cette affaire FUGAS s’annonce déjà comme l’un des plus grands chantiers judiciaires de l’année 2026 en matière de moralisation de la chose publique.
Ci-dessus, le communiqué y afférent




Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
