Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 18 avril 2026 à Conakry, Mohamed Kourouma, figure de proue du secteur économique et PDG d’une société, a livré son analyse sur la crise monétaire qui secoue le pays.
Pour lui, le gouvernement actuel hérite d’un mal structurel profond qui nécessite une réforme des habitudes de consommation et de dépôt.
Un mal chronique hérité du passé
Loin d’être un phénomène récent, la crise de liquidités en Guinée s’inscrit dans une temporalité longue. Selon Mohamed Kourouma, ce déficit de billets de banque est un héritage des régimes successifs, de Sékou Touré à Alpha Condé.
‘’Ce n’est pas le problème d’un seul gouvernement, c’est le problème de nous tous’’, a-t-il assuré.
L’opérateur économique souligne que l’absence d’émissions massives de nouveaux billets depuis près de cinq ans, couplée à la fluctuation du dollar (oscillant entre 9 000 et 9 500 GNF), a créé un déséquilibre. Il récuse toutefois le terme d’inflation galopante, préférant parler de « variation monétaire » liée à une économie encore trop dépendante des devises étrangères.
La responsabilité des opérateurs économiques
Si l’État, via la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), a entamé des réformes pour assainir le circuit financier, le conférencier pointe du doigt la rétention d’argent liquide par le secteur informel.

‘’La solution, le gouverneur a commencé. Notre Banque centrale, c’était Madina. Chaque fin du mois, y a des pick-up qui sont garés partout pour sortir l’argent pour amener, aller payer les gens: les comptables, les caissiers, tout le monde. Il a mis fin à ça. Aucun franc ne sort à la Banque Centrale. Celle-ci verse l’argent aux banques primaires qui, à leur tour, donne aux gens. Et je sais que le gouvernement est en train d’essayer de finir avec la crise-là. Mais pour s’en sortir, nous la population, nous n’avons pas beaucoup de problèmes. Le gros problème, c’est nous, les commerçants. Il n’y a que deux groupes seulement qui versent l’argent à la banque. Le reste, ils ne versent pas. Si tous ceux qui restent là, ils versent l’argent à la banque, y compris les autres, moi, je pense qu’il n’y aura pas de problème. Si tous ceux qui vendent des concessions ou des terrains à 3 milliards, 4 milliards versaient l’argent à la banque, il n’y aurait pas eu de problème’’, a-t-il indiqué.
Pour Mohamed Kourouma, la sortie de crise passera impérativement par la numérisation des échanges. Il exhorte les autorités monétaires à accélérer le déploiement des infrastructures de paiement électronique, encore trop limitées aux supermarchés et aux stations-service.
‘’Ce que je demande au gouverneur, c’est de régler le problème de paiement par voie électronique, car c’est ce qui est bon. Tu pars au guichet, ça marche, quand tu quittes, ça s’arrête, sauf dans quelques supermarchés ou stations-service. Donc, le gouverneur n’a qu’à essayer de régler cette situation’’, a-t-il suggéré.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
