Face à la viralité d’une liste d’interdictions de sortie du territoire circulant sur les réseaux sociaux, le Parquet Spécial près la CRIEF a publié un communiqué cinglant ce vendredi 17 avril 2026. Entre démenti formel et promesse d’une répression sans précédent, l’institution recadre le débat : l’heure est à l’action, pas aux rumeurs.
Le spectre des « Listes Noires » : Un démenti nécessaire
Depuis quelques jours, la toile guinéenne s’enflamme. Une liste non référencée, attribuant des interdictions de voyager à plusieurs hauts cadres de l’administration publique, alimente toutes les spéculations. Le Parquet Spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a tenu à trancher net : cette liste n’émane pas de ses services.
Dans son communiqué, le Procureur Spécial dénonce un « amalgame » nuisible qui pollue les procédures judiciaires en cours. En rappelant avec fermeté le principe de la présomption d’innocence et le secret de l’enquête, le Parquet pointe du doigt les dangers d’une justice rendue sur la place publique numérique avant même que les faits ne soient établis par les services de police judiciaire.
« Démasquer, traquer et poursuivre »
Si le Parquet dément la paternité de ce document viral, il n’en demeure pas moins offensif sur ses intentions. Le message est limpide : la lutte contre la délinquance financière entre dans une phase active.
S’appuyant sur l’arsenal législatif de 2017 et 2021 contre la corruption et le blanchiment de capitaux, la CRIEF réitère son engagement:
« Le Parquet Spécial, conscient que les attentes du peuple de Guinée sont grandes et légitimes, point besoin de le rappeler, s’engage conformément à sa nouvelle politique de poursuite à démasquer, traquer et poursuivre sans aucune exception tous les délinquants financiers, et à faire saisir leurs avoirs illicites au profit de l’Etat, au détriment duquel ils se sont enrichis, mais dans le strict respect des règles gouvernant l’enquête, la poursuite, l’instruction et le jugement des affaires pénales en République de Guinée », précise le parquet spécial de la CRIEF.
Une stratégie de communication verrouillée
Conscient que le vide informationnel profite aux rumeurs, le Parquet Spécial appelle les médias et les citoyens à la prudence. Désormais, pour éviter les « informations parcellaires », une seule règle : se référer aux canaux officiels.
L’institution mise sur la collaboration citoyenne et invite les lanceurs d’alerte et les organismes de lutte contre la corruption à une participation responsable. Elle promet, en retour, une communication « au cas par cas » selon l’évolution des dossiers.
L’essentiel pour contacter la CRIEF :
Pour toute vérification ou dénonciation, le Parquet met à disposition deux canaux directs :
Numéro Vert : 627-80-17-17
Email : Procureurspécialcriefguinée@gmail.com
Ce rappel à l’ordre de la CRIEF intervient dans un climat de forte attente sociale. En recadrant les réseaux sociaux tout en durcissant le ton contre la corruption, le Parquet tente de restaurer la solennité de la procédure judiciaire face à l’immédiateté numérique. La traque est lancée, mais elle se fera, assure-t-on, dans les règles de l’art.
Ci-dessous, le communiqué y afférent


Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
