Plusieurs citoyens venus des différentes entités de la commune urbaine de Kissidougou, s’étaient mobilisés ce mercredi 15 avril 2026, dans la salle des fêtes Paul Keita, pour prendre part à la journée publique de présentation du budget citoyen 2026 de la municipalité. La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du cabinet du préfet de Kissidougou en déplacement et des représentants de l’Ong Leadership Jeune pour la Paix et le Développement (Lejepad-Guinée) qui accompagne la commune urbaine, depuis plus d’un an, dans un projet d’appui à la promotion de la transparence dans la mobilisation et la gestion des ressources locales.
Permettre aux citoyens de connaître les principales ressources de leur commune, ainsi que les investissements qui seront réalisés au cours de l’année 2026 et établir une relation transparente fondée sur le respect des droits et des obligations, tels sont les objectifs de cette présentation publique du budget. Après les allocutions protocolaires, deux étapes essentielles ont marqué cette cérémonie: d’abord, la présentation du budget proprement dit et la phase des débats.
Durant l’étape de la présentation conduite par Mamadi Mansaré, le vice-président de la délégation spéciale et président de la commission Finances, il a été question de donner des chiffrés exacts du budget, d’égrener les sources de recettes, d’énumérer des dépenses et d’évoquer des difficultés liées au recouvrement. Ainsi, il s’est prêté à cet exercice avec éloquence, tout en apportant des précisions importantes.

‘’Cette activité représente un devoir pour nous, car il montre notre redevabilité l’égard des citoyens. Alors, au compte de l’année 2026, le budget citoyen de la commune urbaine de Kissidougou s’élève à 3 707 758 000 de francs guinéens dont 1 140 506 533 au titre du fonctionnement et 2 567 251 604 francs guinéens au compte de l’investissement. Vous allez remarquer que ce budget est revu à la baisse contrairement au premier budget qui a été adopté par l’ensemble des conseillers.
Nous avons ainsi reculé, parce que quand on avait approfondi les réflexions pendant notre session ordinaire, nous avions vite compris que le budget, ce ne sont que des prévisions et ces prévisions sont basées sur les possibilités de recouvrement ; donc, on a estimé que ça ne sert à rien de voter les gros montants si réellement on a pas les moyens de les mobiliser’’, a-t-il précisé.
Dans sa communication face au public, le vice-président est longuement revenu sur les difficultés dans la mobilisation des recettes dans la commune urbaine.
‘’Vous savez, l’État a transféré les 14 compétences aux collectivités pour leur permettre de mobiliser les recettes, surtout les recettes non fiscales qui sont énumérées dans le code des collectivités locales en son article 492. Malheureusement, c’est ce qui ne marche pas totalement chez nous à Kissidougou. Par exemple, quand vous prenez la taxe d’abattage, ça chauffe entre nous et la DPAE, également il y a la taxe de publicité mobilisée par l’OGP. Mais depuis 2020, la commune n’a perçu aucun franc comme ristourne, sans oublier la taxe de stationnement avec les syndicats des transporteurs ou des taxis motos. Imaginez avec toute la masse des motos-taxis de Kissidougou, la commune ne reçoit que 2 500 000 de francs par mois. Les difficultés à ce niveau sont énormes. C’est pourquoi, je profite de votre site d’informations pour demander aux contribuables de s’acquitter de leurs taxes, redevances et autres, car sans impôt, on ne peut pas parler d’investissement’’, a-t-il rappelé.
Pour sa part, le représentant de Lejepad-Guinée, Aboubacar Sidiki Kourouma a évoqué une évolution significative de la commune urbaine de Kissidougou, surtout en termes de redevabilité.

‘’Je dirai que la commune vient de réaliser une étape très importante en matière de transparence, mais aussi de redevabilité. Nous ne pouvons que saluer cet engagement de la commune, parce que ça fait deux ans que nous évoluons avec eux. C’est ce que nous demandons chaque fois à cette commune, de toujours rendre compte de la gestion qu’elle fait de l’argent des contribuables. Vraiment, aujourd’hui, on peut dire que la redevabilité est une réalité dans cette collectivité. Nous demandons également aux citoyens de ne pas rester à la marge de cette gestion, ils doivent venir questionner la commune, c’est leur droit le plus absolu’’, a-t-il déclaré.
Il faut rappeler qu’à la suite de cette phase de l’exposé du budget au public, il s’était engagé un débat fructueux et constructif entre l’exécutif communal et les citoyens, qui n’ont pas d’ailleurs manqué de faire quelques propositions allant dans le sens de franchir des obstacles en matière de recouvrement.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 454 552
