Dans l’affaire de l’expulsion de dame Fatoumata Barry et de ses enfants à Boké, la famille de son défunt époux sort de son silence et apporte des éclaircissements sur les circonstances ayant conduit à cette situation.
Joint par notre rédaction, le porte-parole de la famille, M. Diassy, affirme que la concession concernée est un bien strictement familial, appartenant à leur mère, toujours en vie. Selon lui, le terrain aurait été acquis bien avant la naissance des enfants de la famille, et la construction de la maison entamée bien avant que le défunt mari de dame Barry n’y apporte sa contribution.
‘’C’est une maison familiale. Nous sommes six (6) enfants. Quand notre frère a terminé ses études, la construction était déjà en cours. Chacun de nous a contribué à sa manière pour sortir notre mère de la location. Le terrain a été acheté alors que certains d’entre nous n’étaient même pas encore nés’’, explique-t-il.
Revenant sur le différend avec la veuve, M. Diassy indique qu’après le décès de leur frère, la famille aurait proposé à dame Fatoumata Barry de refaire sa vie ailleurs, conformément aux pratiques traditionnelles. Face à son refus de quitter la concession, celle-ci aurait saisi la justice.
Toujours selon la famille, les décisions rendues par les juridictions compétentes, tant en première instance qu’en appel à Conakry, auraient ordonné son départ des lieux, tout en lui accordant un délai pour s’exécuter. Le porte-parole évoque également le remariage de la concernée, qu’il considère comme un facteur aggravant du litige.
‘’Elle s’est remariée avec une personne extérieure à la famille, qu’elle a fait venir dans la concession. Cela dure depuis plusieurs années. Nous voulons éviter des conflits futurs liés à la propriété’’, soutient-il, ajoutant que cette situation aurait eu des répercussions sur la santé de leur mère.
La famille affirme par ailleurs avoir fait preuve de patience et dit avoir proposé une assistance pour le relogement de la veuve et de ses enfants.
‘’Il ne s’agit pas de l’exclure, mais de préserver un patrimoine familial et d’éviter toute confusion à l’avenir’’, insiste M. Diassy.

De son côté, dame Fatoumata Barry, accompagnée de ses enfants, a trouvé refuge chez des voisins depuis son expulsion survenue ce vendredi matin. En attendant une solution durable, la famille vit dans une grande précarité.
Le fils aîné de la victime, actuellement hébergé dans un orphelinat à Boké, dénonce pour sa part la manière dont l’expulsion a été menée et accuse certains membres de la famille paternelle de ne plus assumer leurs responsabilités à leur égard.
Cette affaire relance le débat sur les droits des veuves et la gestion des biens familiaux en Guinée, où traditions et décisions judiciaires peinent parfois à coexister sans tensions.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
