L’intersyndicale de l’éducation, composée de la FSPE, du SLECG et du SNE, traverse une période de fortes tensions internes susceptibles de fragiliser son unité. À l’origine de ces divergences : des désaccords stratégiques sur l’attitude à adopter face au gouvernement, notamment autour de l’organisation d’une assemblée générale annoncée pour ce samedi par le Syndicat National de l’Éducation (SNE).
Le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), qui privilégie la poursuite du dialogue avec les autorités, s’oppose à cette initiative qu’il juge précipitée et non concertée. Son président, Aboubacar Soumah, également à la tête de la commission syndicale de négociation, dénonce une décision prise sans l’avis de tous les membres de l’intersyndicale.
‘’Le SLECG n’a jamais été consulté concernant cet appel à une assemblée générale. Ce qui nous surprend davantage, c’est la position de notre camarade Michel Pépé Balamou que nous avons du mal à comprendre’’, a-t-il déclaré.
Le leader syndical rappelle que la reprise des négociations au sein de la commission était initialement prévue pour la fin du mois de février. Cependant, une médiation du Conseil National du Dialogue Social (CNDS) avait conduit les syndicats à accorder un moratoire de 100 jours aux autorités afin de faciliter les discussions.
‘’Le président du CNDS nous avait demandé d’accorder un délai de 100 jours au chef de l’État pour permettre au nouveau gouvernement de s’installer et d’engager des discussions sur l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Aujourd’hui, nous sommes en avril et ce délai arrive pratiquement à son terme’’, a-t-il expliqué.
Pour Aboubacar Soumah, évoquer une grève ou toute autre forme de protestation à ce stade serait prématuré, d’autant plus que le dialogue n’est pas officiellement rompu.
‘ Il n’est pas normal qu’au moment où le CNDS nous invite à poursuivre les discussions, certains appellent déjà à une assemblée générale dans la perspective d’une éventuelle grève. Nous respectons les procédures syndicales. Tant qu’il n’y a pas de blocage réel, nous ne pouvons pas déclencher des actions hostiles’’, a-t-il insisté.
Dans cette optique, le SLECG prévoit d’organiser sa propre assemblée générale ce jeudi 9 avril à partir de 13 heures GMT. Cette rencontre réunira les responsables syndicaux des différentes communes de Conakry afin d’harmoniser les positions et d’informer la base.
‘’Nous invitons toutes nos structures de base à prendre part à cette réunion afin que nous puissions partager les informations et clarifier notre position’’, a annoncé le président du SLECG.
La rencontre sera suivie d’un point de presse, au cours duquel, le syndicat compte rendre publique sa position officielle sur la crise qui secoue actuellement l’intersyndicale de l’éducation.
Alors que les divergences deviennent de plus en plus visibles, cette situation pourrait mettre à l’épreuve la cohésion de l’intersyndicale, dans un contexte social déjà marqué par de nombreuses revendications dans le secteur éducatif.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
