Après 46 ans d’une carrière exemplaire, la « Princesse de Kirinakörö » s’apprête à tirer sa révérence des grandes scènes nationales. Ce jeudi 2 avril 2026, l’emblématique cantatrice a présenté ses deux nouveaux opus, « Bè Iyèrèyè » et « Foudou Wokowaka », tout en annonçant sa volonté de laisser toute la place à la relève.
La Maison commune des journalistes a servi de cadre à une annonce chargée d’émotion. Hadja Aminata Kamissoko, figure de proue de la musique mandingue, a convié la presse pour dévoiler son dernier projet d’envergure. Ce double album, fidèle à sa tradition de production généreuse, sera officiellement dédicacé ce samedi 4 avril au Palais du Peuple.
Un héritage musical en deux volets
Pour ce qui constitue le point d’orgue de son parcours, l’artiste propose deux thématiques chères à son cœur.

‘’L’album Bè Iyèrèyè est une marque de reconnaissance. En tant que cantatrice, je sais que chacun s’y retrouvera. Le second, Foudou Wokowaka, traite du mariage, de la paix et de l’entente dans la société. Aujourd’hui, chez la nouvelle génération, les choses ont changé par rapport à l’époque de nos parents : on se marie pour un an ou deux, et le divorce survient aussitôt. Ce n’est pas une bonne chose’’, -a-t-elle expliqué.
Le choix de la transmission : s’effacer pour faire grandir
L’annonce majeure de ce point de presse réside dans la décision de la cantatrice de se retirer des grands projecteurs pour ne pas faire d’ombre à la jeunesse. Après presque un demi-siècle de succès, Hadja Aminata Kamissoko a exprimé son désir profond de voir éclore les talents de demain.
‘’Après ce double album, je ne partagerai plus la scène avec la nouvelle génération montante. Ce serait de l’égoïsme que de vouloir occuper tout l’espace au détriment de mes enfants et des jeunes artistes’’, a-t-elle affirmé avec une sagesse empreinte de générosité.
Si elle met un terme définitif aux grands concerts de dédicace, l’artiste ne compte pas pour autant abandonner totalement son micro. Elle entend se consacrer désormais aux sumu et aux cérémonies sociales, des cadres plus intimistes qui lui permettront de rester active tout en jouant un rôle de conseillère et de mentor pour la relève.

‘’Je continuerai à chanter lors des sumus afin de ne pas rester inactive et pour pouvoir encadrer les jeunes talents. Une chose est claire : il ne faut jamais abandonner notre culture, car elle est porteuse de valeurs éducatives. Je leur demande de continuer sans jamais l’oublier’’, a-t-elle souligné.
Un dernier rendez-vous avec l’histoire
Ce concert au Palais du Peuple marquera donc la fin d’une époque. En invitant les mélomanes à une mobilisation massive, Hadja Aminata Kamissoko souhaite transformer ce samedi en une célébration de la culture guinéenne, tout en honorant sa « parole de Kirinakörö ».
Pour les fans, ce sera l’ultime occasion de voir la diva sur une grande scène de spectacle, avant qu’elle ne se consacre pleinement à l’encadrement des futurs ambassadeurs de la musique mandingue.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

