Le métier de réparateur de téléphones est devenu, de nos jours, une véritable source de revenus pour de nombreux jeunes, généralement des diplômés sans emploi.

Au marché de Madina, précisément du côté de Bordeaux, ils sont confortablement installés autour de leurs tabourets, tournevis à la main, en train de diagnostiquer et réparer des appareils. Un seul objectif : satisfaire leurs clients tout en gagnant leur pain quotidien. Mais si cette activité leur permet de joindre les deux bouts, elle n’est pas aussi facile qu’elle pourrait paraître.
‘’Il faut connaître le placement de chaque pièce avant de monter, c’est pas une activité facile aussi, il faut être courageux, persévérant et surtout, il faut être vigilant dans tout ce que tu fais, parce que, chaque téléphone réparé peut te causer d’autres problèmes, parce qu’il y a des téléphones qui viennent avec des problèmes d’écran, après avoir fini de réparer les écrans, il y a d’autres problèmes qui surgissent, c’est pourquoi ce n’est pas une activité qui est facile’’, confie Thierno Ibrahima Sylla, jeune diplômé en maintenance informatique, qui se retrouve aujourd’hui réparateur de téléphones.
Derrière cette activité, se cache une réalité sociale préoccupante. Selon ces jeunes réparateurs, leur présence sur ce site s’explique principalement par le manque d’emploi dans le pays. Plusieurs d’entre eux sont diplômés, mais faute d’opportunités, ils se tournent vers ce métier afin de subvenir à leurs besoins.

‘’Moi, j’ai fini mes études depuis 2011. Depuis, j’ai fait d’autres formations, à force de faire des formations du jour au lendemain, on n’arrive pas à trouver d’emploi, on est obligé de s’orienter vers une autre activité, c’est comme ça que moi je me suis retrouvé dans l’activité là, à faire la technique, les réparations’’, assure-t-il.
De l’autre côté, le manque d’espace de travail reste un défi majeur. Installés dans des conditions parfois précaires, ces réparateurs lancent un appel aux autorités pour la création de locaux adaptés afin d’exercer leur métier dans de meilleures conditions.
‘’Nous demandons juste à l’Etat de nous trouver des coins, même s’il faut construire encore des lieux, là où nous allons payer par mois pour nous permettre de travailler, parce que nous ne pouvons pas rester à la maison à ne rien faire, nous voulons travailler. Il y a des gens qui ont leur diplôme, il y a des médecins parmi nous, il y a des économistes, il y a des techniciens, il y a des maintenantiers, il y a des informaticiens. Vous voyez dans tout ça là, si on vous abandonne, tous ces gens là, au profit du Madina, parce qu’il y a des miettes qui sortent, c’est le développement qu’on met en péril’’, a-t-il lancé.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
