Dans le cadre de la préservation de la paix et de la lutte contre les discours de haine et d’incitation à la violence en période électorale en Guinée, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), en collaboration avec le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), a organisé un atelier à l’intention des journalistes des médias publics et privés de la région administrative de Kindia.

La rencontre, qui se tient dans un complexe hôtelier de la place, porte sur la mise en place et le fonctionnement des comités de veille citoyenne, incluant le syndicat des journalistes, pour le monitoring des discours de haine et/ou d’incitation à la violence au niveau régional.
Pendant deux jours, une trentaine de journalistes seront formés sur plusieurs thématiques essentielles, notamment la notion des droits de l’homme, la liberté d’expression, ainsi que la méthodologie de collecte et de traitement de l’information.

À travers cette initiative, les organisateurs entendent renforcer les capacités des professionnels des médias, afin de promouvoir une information responsable et contribuer à la prévention des tensions en période électorale.

‘’Cet important atelier réunit des journalistes et des professionnels de la presse de la région pour une formation de deux jours portant sur l’éthique et la déontologie du métier, mais surtout sur la mise en place d’un comité de veille citoyenne chargé de prévenir et d’interdire les discours de haine et les messages de violence. Vous savez que nous nous acheminons vers une période très importante, les élections législatives et communales, souvent marquées par des tensions. Mais Dieu merci, ces derniers temps, nous avons connu des élections libres et transparentes, sans heurts ni violence.
Nous comptons, au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, nous impliquer davantage afin que tout le processus se déroule dans la paix et la sérénité. Pour cette raison, le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix a financé ce projet visant à consolider la paix en République de Guinée’’, a déclaré Ibrahima Sacko, charge des programmes et protection HCDH.
Pour Aboubacar Bountouraby Dramé, secrétaire général adjoint du SPPG, antenne régionale de Kindia, les journalistes sont des témoins et des acteurs de la cohésion sociale. Il souligne que les professionnels des médias ont la responsabilité d’informer avec rigueur, d’éduquer avec responsabilité et de contribuer à la prévention des conflits.

‘’Dans un contexte où les discours de haine et les messages d’incitation à la violence peuvent rapidement fragiliser le tissu social, le rôle des médias devient plus que jamais déterminant. À Kindia, comme ailleurs en Guinée, les journalistes sont à la fois témoins, relais et acteurs de la cohésion sociale. C’est pourquoi, nous, professionnels de médias, avons une responsabilité particulière: celle d’informer avec rigueur, d’éduquer avec responsabilité et de contribuer activement à la prévention des conflits. Le journaliste ne doit pas être un vecteur de division, mais un artisan de paix. Cela implique une vigilance accrue dans le traitement de l’information, notamment le refus de relayer des propos haineux, stigmatisant ou non vérifiés.
Toutefois, face à la montée des discours de haine, notamment sur les réseaux sociaux, nous devons renforcer nos capacités et harmoniser nos pratiques professionnelles’’, a-t-il souligné, ajoutant que la mise en place des comités de veille citoyenne, placés sous la coordination du SPPG, constitue à cet effet une avancée majeure.
‘’Elle permettra non seulement de mieux surveiller et documenter les discours à risque, mais aussi de créer une synergie entre journalistes, organisations de la société civile et institutions.
Nous réaffirmons notre engagement à:
-Sensibiliser les acteurs de l’information de la région de Kindia sur l’éthique et la déontologie journalistique;
-Promouvoir un journalisme responsable, inclusif et respectueux des droits humains; -Bien coordonner les mécanismes de veille et d’alerte précoce;
-Accompagner les initiatives visant à renforcer la paix et la cohésion sociale dans notre région.
Nous invitons tous les participants à s’impliquer pleinement dans les échanges afin que les recommandations issues de ces travaux soient concrètes, applicables et adaptées à nos réalités locales. Sur ce, je réitère, au nom de l’antenne régionale du SPPG-Kindia, notre entière disponibilité à accompagner ce processus et à jouer pleinement notre rôle dans la consolidation de la paix en Guinée’’, a lancé Aboubacar Bountouraby Dramé.
Présent à cet atelier et représentant le gouverneur de la région administrative de Kindia, le directeur de cabinet du gouvernorat a, dans son discours d’ouverture, invité les hommes de médias à faire preuve de prudence.

‘’Soyez vraiment prudents. Faites en sorte que les élections ne soient pas une source de problèmes, mais plutôt une solution pour les résoudre. Nous comptons sur vous dans l’application du code de déontologie que vous connaissez mieux que tout le monde. Le discours de haine est toujours porté par des personnes haineuses.
Je demande aux journalistes de se considérer comme les porteurs de la voix des sans-voix et de ne pas traduire parfois leurs propres sentiments. Vous ne pouvez pas aimer quelque chose, mais si vous pensez que la population dans sa majorité y adhère, ne vous substituez pas à elle pour faire passer des versions qui pourraient créer des troubles dans le pays’’, a interpellé Lafila Kouyaté.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
