Dans un communiqué publié ce jeudi 12 mars 2026, le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) exprime sa « vive préoccupation » face aux difficultés persistantes d’accès aux espèces. Entre surfacturations et files d’attente, l’organisation appelle à une réponse urgente pour éviter une crise de confiance majeure.
Le ton est à la fois ferme et diplomatique, mais l’alerte est sérieuse. Depuis plusieurs semaines, le quotidien des Guinéens est rythmé par un parcours du combattant pour retirer de l’argent. Que ce soit aux guichets des banques ou dans les points de transfert monétaire, la liquidité se fait rare, provoquant des tensions sociales et des abus tarifaires.
Un décalage entre discours officiel et réalité de terrain
Le CNOSCG pointe du doigt un contraste frappant. Alors que le porte-parole du gouvernement et ministre des Transports affirmait récemment qu’il n’existe aucune pénurie, incitant plutôt les populations vers la numérisation des paiements, la réalité vécue par les citoyens semble tout autre.
Pour la société civile, si la transition numérique est louable, elle ne peut se faire au mépris des réalités structurelles du pays.
‘’Une part importante de la population évolue encore dans l’économie informelle et l’accès aux services numériques reste limité dans certaines zones’’, rappelle le communiqué.
Le CNOSCG insiste sur le fait qu’on ne décrète pas la fin du cash sans avoir préalablement garanti les infrastructures technologiques nécessaires et réalisé des études d’impact socio-économique sérieuses.
L’ombre d’une instabilité sociale
Au-delà de l’inconfort individuel, c’est toute la machine économique nationale qui grippe. Le communiqué souligne des répercussions inquiétantes sur :
Le petit commerce et les PME, piliers de la croissance locale.
Les interventions humanitaires, souvent dépendantes de la rapidité des transactions.
L’accès aux services sociaux essentiels pour les ménages les plus vulnérables.
Par ailleurs, le CNOSCG prévient que le manque de clarté dans la communication officielle et le sentiment d’abandon des usagers pourraient alimenter un climat d’incertitude nuisible à la stabilité politique et sociale du pays.
Les exigences de la société civile
Face à ce qu’il qualifie de « menace sur la stabilité financière », le CNOSCG ne se contente pas de critiquer ; il propose une feuille de route pour sortir de l’impasse. Il invite par conséquent la Banque Centrale de la République de Guinée à publier régulièrement des informations transparentes sur ‘’la situation de la liquidité dans le système bancaire afin de rassurer les citoyens et éviter toute spéculation ou rumeur susceptible d’alimenter l’inquiétude économique.’’
‘’Le gouvernement et les institutions financières à ouvrir un cadre de concertation avec les organisations de la société civile, les acteurs économiques et les associations de consommateurs afin d’identifier ensemble des solutions durables aux difficultés d’accès aux liquidités ;
Les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de suivi et les mesures nécessaires pour garantir un accès normal et équitable aux services financiers pour tous les citoyens;
Les institutions financières et les opérateurs économiques à veiller au respect strict des règles et des pratiques transparentes dans les opérations financières;
Les distributeurs et points de services Orange Money et Mobile Money à s’abstenir de toute pratique de surfacturation susceptible de fragiliser davantage les populations;
Les citoyens à faire preuve de vigilance et à signaler toute pratique abusive auprès des structures compétentes’’, propose l’organisation de la société civile guinéenne.
Le CNOSCG appelle les autorités à agir avec diligence afin d’éviter que ces difficultés ne se transforment en crise de confiance durable dans le système financier national. Il rappelle que la confiance des citoyens dans les institutions financières constitue l’un des piliers fondamentaux de la stabilité économique et sociale d’un pays.
‘’Sa préservation doit être une priorité pour l’ensemble des acteurs publics et privés’’, alerte le CNOSCG.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
