À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, les projecteurs sont souvent braqués sur ces femmes qui se battent chaque jour pour leur autonomie. À Boké, Mariama Bamba s’est imposée dans le domaine de la couture. Après plus de vingt ans de carrière, elle dirige aujourd’hui un atelier qui forme plusieurs dizaines d’apprenants.
À Boké, Mariama Bamba est aujourd’hui une figure bien connue dans le domaine de la couture. Depuis plus de vingt ans, cette femme passionnée exerce ce métier avec détermination. À la tête d’un atelier très fréquenté, elle encadre actuellement plus de 32 apprenants qu’elle forme aux techniques de coupe, de couture et de finition.
Une réussite qui n’a pourtant pas été facile. Selon elle, ses débuts ont été marqués par de nombreuses difficultés. À une époque, elle devait même se cacher de ses parents pour aller apprendre le métier, dans un contexte où certaines familles hésitaient encore à encourager les filles à exercer ce type d’activité.
‘’Mon père ne voulait pas que je fasse ce métier. Mais dès qu’il partait au travail, je me rendais discrètement à l’atelier. Avant son retour, je rentrais à la maison pour qu’il pense que je n’étais jamais sortie. C’est ainsi que j’ai commencé, petit à petit, jusqu’à devenir aujourd’hui une maîtresse couturière’’, raconte-t-elle.

Aujourd’hui, son atelier est devenu un véritable centre de formation. Les élèves y reçoivent des cours théoriques et pratiques et, au terme de leur apprentissage, ils obtiennent un diplôme de formation.
Dans cet atelier, on confectionne des tenues pour hommes, femmes et enfants, ce qui attire une clientèle venant non seulement de Boké, mais aussi d’autres localités, jusqu’à Conakry.
‘’Je fais la couture pour femmes et pour hommes, la broderie et bien d’autres travaux. Sans me jeter des fleurs, mon atelier attire beaucoup de clients. J’ai des clientes ici, mais aussi ailleurs’’, se réjouit-elle.
Malgré les défis liés à la profession, Mariama Bamba affirme tirer une grande fierté de son travail. Grâce à cette activité, elle parvient aujourd’hui à subvenir aux besoins de sa famille et à prendre soin de ses parents.
‘’Mon père est aujourd’hui à la retraite et il ne se porte pas très bien. Ma mère également. Donc, c’est moi qui prends la famille en charge. Ma marâtre dépend aussi de moi grâce à ce métier’’, assure avec fierté la jeune dame.
À Boké, cette maîtresse couturière est désormais un exemple de réussite et d’autonomisation féminine. Un parcours inspirant qui rappelle que le travail et la persévérance peuvent ouvrir la voie à l’indépendance des femmes.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
