Dans un décret d’une importance capitale lu à la télévision nationale ce lundi 9 mars 2026, le Chef de l’État, Mamadi Doumbouya, a officiellement fixé la répartition des sièges pour la future Assemblée nationale. Fondé sur les résultats du dernier recensement (RGPH4), ce nouveau découpage électoral dessine le visage de la future représentation nationale.
À moins de trois mois du scrutin couplé (législatives et communales) prévu pour le 24 mai 2026, le décret D/2026/44/PRG/SGG vient lever le voile sur l’architecture de la future chambre basse.
Un hémicycle élargi à 147 sièges
Le premier enseignement de ce décret est l’augmentation du nombre de parlementaires. Conformément à l’article 151 du Code électoral, l’Assemblée nationale comptera désormais 147 députés.
Le mode de scrutin privilégie largement l’ancrage local :
Deux tiers des sièges (98 députés) seront élus au scrutin majoritaire (uninominal ou plurinominal).
Le tiers restant (49 députés) sera issu de la liste nationale au scrutin proportionnel.
La « Règle du Quotient » : L’équité
démographique au cœur du décret
Pour garantir une représentation fidèle à la réalité du terrain, la Présidence s’est basée sur les données du 4e Recensement Général de la Population (RGPH4) réalisé en juillet 2025.
Le quotient démographique a été fixé à 186 395 habitants. Ce chiffre sert de curseur : chaque circonscription dispose d’au moins un élu, mais celles dépassant ce seuil voient leur nombre de députés augmenter proportionnellement, dans une limite de 5 élus maximum par zone.
Les forces en présence : Kankan et Siguiri en tête
L’analyse géographique du décret révèle les nouveaux poids lourds de la carte électorale. Les circonscriptions de Kankan et Siguiri dominent le tableau avec 5 députés chacune, suivies de près par N’zérékouré, Kindia et Boké (4 députés).
À Conakry, la donne change avec le nouveau découpage communal : Gbessia s’illustre avec 3 sièges, tandis que les nouvelles communes comme Lambandji, Sonfonia ou Kagbelen se voient attribuer 2 sièges chacune.
La Diaspora n’est pas oubliée
Le décret sanctuarise également la représentation des Guinéens de l’étranger.
Quatre sièges sont réservés aux circonscriptions « Ambassades et Consulats », répartis équitablement par zone géographique :
1 siège pour l’Europe.
1 siège pour l’Afrique.
1 siège pour l’Amérique.
1 siège pour l’Asie.



Une course contre la montre
Avec la publication de ce décret, la machine électorale est désormais lancée à pleine vitesse. Les partis politiques et les candidats indépendants connaissent désormais l’enjeu exact dans chaque localité. Ce texte, qui s’appuie sur des données démographiques fraîches, vise à éteindre les contestations sur la représentativité territoriale avant le rendez-vous du 24 mai.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
