Invité sur le plateau de l’émission « Grand Angle » de la RTG, le politologue et enseignant-chercheur, Dr. Moussa Samoura est revenu sur la décision fracassante du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Pour l’expert, ce séisme politique, qui emporte des géants comme le RPG Arc-en-ciel, l’UFDG et l’UFR, ainsi que des partis historiques comme le PDG-RDA et le PUP, n’est pas une surprise, mais l’aboutissement d’une négligence manifeste des formations concernées.
Une chronique d’une dissolution annoncée
Alors que la classe politique guinéenne est encore sous le choc de la disparition légale de 40 de ses formations, Dr. Moussa Samoura affiche une sérénité analytique. Rappelant ses précédentes interventions lors des premières phases d’évaluation, le politologue souligne qu’un processus de « renouvellement progressif » était déjà en marche.
Selon lui, le verdict du MATD ne tombe pas du ciel. Il pointe du doigt une forme de légèreté au sommet des instances dirigeantes de ces partis, y compris les plus historiques comme le PDG-RDA.
‘’Les partis politiques ont été pris à leur propre piège. Ils ont été laxistes et négligents’’, martèle-t-il.
L’enseignant-chercheur insiste sur le fait que le ministère a observé une « démarche pédagogique » durant de longs mois, multipliant les évaluations, les rapports et les avertissements. En ignorant ces signaux et les délais accordés, les partis se seraient eux-mêmes mis en position de faute.
Vers la fin de l’ethnisation de la politique ?
L’un des enjeux majeurs de cette restructuration forcée réside dans la lutte contre le repli identitaire. Dr Samoura voit dans la nouvelle législation qui met l’accent sur les « conglomérats politiques » une opportunité de réduire l’activisme basé sur l’ethnie.
En poussant les acteurs vers des ensembles plus vastes et transversaux, l’État espère assainir le paysage politique. Si la dissolution de symboles historiques comme le RPG ou l’UFDG marque la fin d’une époque, elle pourrait, selon l’expert, être le point de départ d’une ère où les partis ne sont plus des structures de circonstance, mais de véritables piliers institutionnels.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

