Au lendemain d’un sit-in réussi à Conakry, la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) a publié ce lundi 2 mars 2026, une déclaration aux allures de défi. En conflit ouvert avec la centrale syndicale CNTG, le syndicat des enseignants exige réparation et appelle ses troupes à converger vers la Bourse du Travail.
Le climat social s’alourdit dans le secteur de l’éducation. Portée par le succès de sa mobilisation du mercredi 27 février, la FSPE ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Dans un communiqué officiel teinté de fermeté, l’organisation syndicale dirigée par Salifou Camara dénonce ce qu’elle qualifie de « dérives » au sommet de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG).
Un divorce consommé avec la CNTG
Le cœur du litige réside dans une fracture profonde entre la fédération enseignante et sa centrale mère. La FSPE accuse nommément le Secrétaire général de la CNTG d’ingérence grave.
‘’Nous dénonçons avec la plus grande fermeté:
L’immixtion manifeste dans la gestion interne de notre fédération ;
Le mépris des statuts et règlements intérieurs librement adoptés ;
La violation des conventions internationales de l’OIT, notamment les conventions 87 et 98 relatives à la liberté syndicale et au droit d’organisation’’, peut-on lire dans une déclaration parvenue à notre rédaction.
Des exigences non négociables
Face à ce qu’elle considère comme un mépris de la corporation, la FSPE pose deux conditions sine qua non pour une sortie de crise :
Le retrait immédiat de la décision prise par le Secrétaire général de la CNTG, jugée illégale par la base ;
Des excuses publiques adressées à l’ensemble des enseignants de Guinée.
Vers un blocage à la Bourse du Travail ?
Loin de se contenter de simples mots, la FSPE lance un mot d’ordre de mobilisation générale. Le syndicat appelle l’ensemble des enseignants, mais aussi tous les travailleurs épris de justice, à se rassembler massivement à la Bourse du Travail.
Si la fédération insiste sur le caractère « pacifique et responsable » de cette action, elle prévient toutefois que le mouvement se poursuivra « jusqu’à satisfaction totale » des revendications.
Alors que l’histoire du syndicalisme guinéen semble marquer un tournant, tous les regards sont désormais tournés vers la Bourse du Travail. La CNTG choisira-t-elle l’apaisement ou l’épreuve de force ? Le bras de fer ne fait que commencer !
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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