Confronté à une vague de critiques virulentes suite aux récentes opérations de rapatriement de Guinéens vivant en Allemagne, le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration Africaine et des Guinéens Établis à l’Etranger, Dr. Morissanda Kouyaté, a tenu à mettre les points sur les « i », ce jeudi 26 février 2026.
Lors d’une conférence de presse à son département, le chef de la diplomatie guinéenne a répondu avec franchise à une question qui brûle les lèvres de ses détracteurs : pourquoi sa propre famille réside-t-elle aux États-Unis depuis trois décennies ?
Un choix de protection face à un combat risqué
Alors que certains voient une contradiction entre sa politique de rapatriement et la situation géographique de ses proches, le chef de la diplomatie guinéenne a replacé les faits dans leur contexte historique. Pour lui, l’exil de sa famille n’est pas une fuite des réalités nationales, mais une mesure de sécurité vitale prise il y a 30 ans.
‘’J’ai envoyé ma famille en Amérique depuis 30 ans. À ce moment-là, on me maudissait à la grande mosquée de Conakry, parce que je me battais pour les femmes. Ma lutte dérangeait les dirigeants d’alors’’, a-t-il révélé.
« C’est moi qui luttais, pas elle »
Le ministre a insisté sur la dangerosité de son engagement de l’époque, notamment son combat pionnier contre les mutilations génitales féminines et pour les droits des couches vulnérables. Face aux menaces et aux pressions politiques du régime en place dans les années 90, Dr. Kouyaté explique avoir voulu isoler ses proches des retombées de son militantisme.
Par cette mise au point, Morissanda Kouyaté tente de désamorcer la polémique qui enfle sur les réseaux sociaux. Pour le ministre, comparer le rapatriement actuel des Guinéens en situation irrégulière en Europe à l’installation de sa famille aux USA, est un raccourci qui occulte les sacrifices personnels qu’il a dû consentir par le passé.
En affirmant haut et fort : « Je les ai placées là-bas, parce que c’est moi qui lutte, pas elles », il réaffirme que son parcours est celui d’un homme qui a payé le prix de ses convictions, loin de l’image de privilège que ses opposants tentent de lui coller.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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