Cette fois-ci, c’est la bonne. Après avoir connu plusieurs reports, la 4ème et dernière session ordinaire de la commune urbaine de Kissidougou au compte de l’année 2025, s’est enfin tenue ce mercredi 28 janvier 2026. C’est la salle des fête Paul Keita qui a abrité cette cérémonie consacrée à la présentation et la validation du budget 2026.
Présidée par le préfet de Kissidougou, le contrôleur général de police Mamadou Lamine Goubhi Sow, cette session ordinaire a été également marquée par la présence du directeur préfectoral de l’administration du territoire et de la décentralisation.
Face aux conseillers communaux au grand complet, les présidents des conseils de quartiers, les représentants des organisations de la société civile et les hommes de médias fortement mobilisés, le préfet a, dans son discours d’ouverture de la cérémonie, mis l’accent sur l’importance d’une session communale dans la vie d’une communauté.

‘’D’abord, je dirai que c’est un ouf de soulagement pour nous de voir l’entente revenir au sein de ce conseil communal. Cette session est d’une importance capitale, dans la mesure où, la population doit savoir comment ses ressources sont gérées. Elle doit également savoir les dispositions prises pour l’amélioration de sa condition de vie. Vous savez que le conseil communal c’est le représentant de la population à la base. C’est pourquoi, j’invite l’ensemble des conseillers ici présents à s’entendre, à privilégier surtout le développement local et à prendre en compte les préoccupations des populations. En tout cas, je tiens à vous rappeler que la décentralisation est au cœur de la politique du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya’’, a-t-il rappelé.
Au compte de l’exercice 2026, les conseillers ont placé la barre haut en terme d’adoption de budget. En effet, contrairement à l’exercice de 2025, pour cette nouvelle année, le budget passe à 5 milliards de nos francs. Le vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine, Mamadi Mansaré alias »l’homme », soutient que son équipe a mis en place de nouvelles techniques pour faciliter la mobilisation desdits montants.

‘’Déjà, je suis animé d’un sentiment de satisfaction pour la tenue de cette 4ème session au compte de l’année 2025. D’ailleurs, sans la tenue de cette session, rien ne pourrait marcher au sein de notre collectivité, on ne pourrait pas engager de dépenses que ce soit en terme d’investissement ou en terme de fonctionnement. Donc, vous allez remarquer que notre prévision est revue à la hausse avec cette fois-ci un budget de 5 milliards.
Je dirai que ce n’est pas fantaisiste, parce que nous sommes partis d’une consultation en amont avec les conseillers pour voir exactement sur quelle base nous pourrons mobiliser ces 5 milliards. Cette année, avec des nouvelles orientations et de nouvelles identifications des contribuables, vraiment, on s’est dit que c’est possible de réaliser ce pari.
Pour atteindre cet objectif budgétaire, nous avons mis en place un certain nombre d’innovations notamment le recensement de l’ensemble des boutiques et des conteneurs au niveau du marché, étant donné que l’année passée, on était partie sur la simple base des estimations. Donc, au niveau de ces marchés, cette année, nous comptons mobiliser plus de 500 millions contrairement à 200 millions que nous avions pu mobiliser en 2025.
La même méthode sera appliquée au niveau des motos-taxis. Là aussi, nous allons procéder à un recensement général des motos, rien ne sera fait désormais de façon forfaitaire. En guise d’exemple, en 2025, nous avons pu mobiliser seulement 100 millions avec les motos-taxis, alors que cette année, nous comptons récolter de 500 à 600 millions’’, a-t-il détaillé.
Cependant, dès leurs sorties de la salle, certains partenaires techniques n’ont pas tardé à s’attaquer à cette prévision qu’ils trouvent exagérer. C’est le cas de Amara Kourouma, directeur préfectoral des impôts.

‘’Je dirai que la prévision de 1 milliard 800 millions qu’on a collée à mon service, est un peu fantaisiste. Je rappelle qu’une prévision doit être bâtie autour des ressources jugées disponibles et recouvrables par le service en question. Pour moi, cette prévision n’est pas tenable par le simple fait que Kissidougou ne regorge ni de société minière ni de société industrielle. Alors, si la commune se base uniquement sur l’informel pour nous imposer cette prévision, en clair, on ne pourra pas s’en sortir et ça, c’est au détriment de la population. C’est pourquoi, on dit que trop d’impôt tue l’impôt et moyen d’impôt tue l’Etat. Donc, on doit savoir prendre le juste milieu, c’est-à-dire, ne pas casser la calebasse et la calebasse ne doit pas rester vide. Heureusement, que dans la salle, mes remarques ont attiré l’attention des conseillers, parce que c’est basé sur le climat macro-économique de Kissidougou.
Par exemple, si vous prenez les stations-services qui sont les plus grands pourvoyeurs, vous allez constater que ces stations ne fonctionnent pas à plein temps, parce que la plupart d’entre elles reçoivent le carburant à compte-goutte’’, s’est-il défendu.

À rappeler qu’à l’issue d’un vote, les conseillers ont unanimement adopté le budget prévisionnel de 5 256 544 135 francs guinéens dont le volet investissement s’élève à hauteur de 3 696 541 602 francs guinéens tandis que le fonctionnement est de 1 560 002 533 francs guinéens.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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