Devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, une nouvelle victime des événements du 28 septembre 2009 est venue livrer un témoignage bouleversant sur les violences qu’elle a subies au stade éponyme.
À la barre, l’homme explique que ce matin-là, il était simplement sorti de chez lui pour se rendre à son lieu de travail, au niveau du Carrefour Concasseur. Arrivé sur place, il constate une foule inhabituelle. De nombreuses personnes se dirigeaient vers le stade pour participer au rassemblement. N’ayant pas pu ouvrir sa boutique à cause de l’affluence, il décide de suivre le mouvement.
Chemin faisant, il rejoint un groupe portant le drapeau national. L’ambiance est festive, les manifestants chantent et scandent des slogans hostiles au régime militaire du CNDD. Le groupe entre facilement dans le stade, dont les portes étaient ouvertes. La pelouse est rapidement envahie, tandis que les gradins sont déjà pleins.
Selon son récit, la situation bascule brutalement lorsque des coups de feu retentissent. La panique s’empare de la foule. Chacun cherche alors à fuir pour sauver sa vie. La victime tente de sortir par différentes issues, notamment du côté du Sahara, puis vers l’autoroute.
Dans sa fuite, il aide une autre personne à grimper sur une pente pour échapper aux forces de sécurité. C’est à ce moment que l’homme qu’il tentait de secourir est atteint par balle. Conseillé par d’autres personnes de ne pas y rester, il reprend sa course.
Plus loin, il est intercepté par des militaires. Il affirme avoir été violemment battu, puis blessé avec une arme blanche au niveau de la cuisse. Il est ensuite embarqué de force dans un pick-up avec d’autres personnes arrêtées.
Le véhicule parcourt plusieurs kilomètres avant de s’arrêter à Bonfi Heremakonon, où un gendarme lui ordonne de descendre, en lui intimant de ne plus jamais revenir dans ce secteur. Livré à lui-même, blessé et affaibli, il est finalement aidé par des jeunes du quartier qui l’accompagnent jusqu’à son domicile à Hafia.
Devant la cour, ce témoignage s’inscrit dans une longue série de récits similaires, illustrant la violence extrême qui a marqué la répression de la manifestation du 28 septembre 2009. Les audiences continuent de mettre en lumière les souffrances vécues par les victimes et renforcent les attentes de justice après plus d’une décennie d’attente.
Il faut mentionner qu’aucune de ces victimes n’a affirmé avoir vu le colonel Bienvenu Lama.
Mohamed FOFANA pour Lerevelateur224.com.
