La phase de comparution des témoins et victimes des massacres du 28 septembre 2009 s’est ouverte ce lundi 19 janvier 2026, au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry. À la barre, Bangali Diané a livré un témoignage poignant sur les violences subies au stade éponyme.
Présent au stade pour manifester contre la décision du capitaine Moussa Dadis Camara de se porter candidat à l’élection présidentielle, Bangali Diané explique que l’accès au stade lui a été refusé par des éléments dirigés par Tiegboro Camara. Peu après, les tirs ont éclaté.
‘’J’ai été atteint par balle au genou. J’ai voulu courir, mais je ne pouvais pas. C’était comme si j’avais de la glace dans le pied’’, a-t-il relaté. La balle a traversé son genou, le laissant grièvement blessé.
Par crainte d’être arrêté ou tué, il n’a pas été conduit immédiatement à l’hôpital. Il a d’abord été emmené à Benna Moussaya, puis orienté vers l’hôpital Donka. Son état de santé s’aggravant, il a été admis à l’hôpital Ignace Deen où les médecins ont évoqué le risque d’une amputation à cause de complications, notamment l’apparition d’un cancer.
Après des soins infructueux à Kamsar, Bangali Diané sera finalement évacué en Tunisie où il subira une intervention chirurgicale.
‘’Ils ont mis du fer dans mon genou. Jusqu’à aujourd’hui, ce fer me fatigue beaucoup quand je marche’’, a-t-il confié au tribunal.
Interrogé par les juges, le témoin a indiqué qu’il n’était pas en mesure d’identifier l’auteur du tir, évoquant la multiplicité des coups de feu. Il affirme toutefois avoir vu des bérets rouges à l’intérieur du stade, tandis que des gendarmes et policiers se trouvaient à l’extérieur.
Bangali Diané a également précisé n’avoir jamais été entendu ni lors du premier procès ni par le pool des juges d’instruction, expliquant son absence par ses nombreux déplacements liés aux soins médicaux.
Répondant aux questions du ministère public, il a confirmé avoir vu de nombreux corps au stade ce jour-là, soulignant l’ampleur des violences commises lors de cette manifestation réprimée dans le sang.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
