Dans une finale à l’issue dramatique et au scénario totalement irréel, le Sénégal a décroché sa deuxième étoile continentale ce dimanche 18 janvier. Vainqueurs du Maroc (1-0) après prolongation, les hommes de Pape Thiaw sont passés par toutes les émotions, entre sentiment d’injustice, retrait du terrain et délivrance finale.
Le tournant du scandale : la 98e minute
Le football africain a vécu l’un de ses moments les plus électriques. Alors que le score était encore vierge, le stade chauffé à blanc par 65 000 supporters marocains a basculé dans l’irrationnel à quelques secondes de la fin du temps réglementaire. L’arbitre congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala accorde un penalty au Maroc pour une faute d’El Hadji Malick Diouf sur Brahim Diaz.
Un séisme pour les Sénégalais, déjà échaudés par un but refusé plus tôt à Abdoulaye Seck pour une faute légère. Dans un geste de protestation sans précédent en finale de CAN, les Lions de la Teranga, sous l’impulsion de leur coach, quittent la pelouse. On pense alors la finale définitivement gâchée, perdue dans les méandres d’un imbroglio arbitral.
La Panenka manquée de Brahim Diaz
Après de longues minutes de tension et de conciliabules, les Sénégalais reprennent finalement leur place. Le destin du Royaume est entre les pieds de Brahim Diaz. Mais l’impensable se produit : la star du Real Madrid tente une « Panenka » totalement manquée, captée sans effort par Édouard Mendy. Le héros annoncé devient le visage de la désillusion marocaine. Ce raté monumental agit comme un électrochoc : le Sénégal, miraculé, ne laissera plus passer sa chance.
Pape Gueye, le coup de tonnerre
Dès l’entame de la prolongation (94e), les Sénégalais transforment leur frustration en énergie pure. Pape Gueye, auteur d’une chevauchée héroïque, déclenche une frappe limpide qui vient se loger dans la lucarne de Yassine Bono. Le silence de cathédrale qui s’abat sur le stade n’a d’égal que la rage de vaincre des Sénégalais.
Une résistance de fer
La suite de la rencontre fut une ode au football total. Le Maroc de Walid Regragui a jeté toutes ses forces dans la bataille, mais s’est heurté à un mur. Édouard Mendy a multiplié les parades de classe mondiale.
Idrissa Gana Gueye a régné en maître au milieu de terrain. L’expérience de Sadio Mané a permis de gérer les temps faibles avec une maturité exemplaire.
Malgré l’absence de Kalidou Koulibaly (suspendu) et le forfait de dernière minute de Krépin Diatta, le bloc sénégalais est resté insubmersible face à des Lionceaux de l’Atlas incapables de trouver la faille.
La fraternité après l’orage
Si la tension a frôlé le point de rupture, l’image finale restera celle de la dignité. Malgré l’enjeu et les incidents de jeu, Marocains et Sénégalais ont terminé la rencontre dans les bras les uns des autres, rappelant les liens profonds qui unissent ces deux nations majeures du football africain.
Le Sénégal s’installe sur le toit de l’Afrique pour la deuxième fois de son histoire. La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’achève sur ce constat : les Lions de la Teranga ont le cuir solide et un cœur de champion. Dakar peut exulter, la fête ne fait que commencer.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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