Suspendue ce mercredi après dix jours de paralysie, la grève générale déclenchée par une partie de l’intersyndicale de l’éducation devait ouvrir la voie à une reprise progressive des cours dès ce jeudi 11 décembre 2025. Mais à Boké, la réalité sur le terrain contraste fortement avec l’appel à la normalisation. Les élèves ont brillé par leur absence dans les établissements scolaires publics et privés de la commune urbaine.
Dès les premières heures de la matinée, notre correspondant régional s’est rendu dans plusieurs grands établissements pour mesurer le niveau de la reprise. Au complexe Faillira, considéré comme le plus grand lycée public de la région, seuls le proviseur et quelques encadreurs étaient visibles dans la cour aux environs de 10 heures. Trois salles de classe étaient ouvertes, mais la quasi-totalité du reste de l’établissement demeurait fermée. Aucun élève n’a été aperçu, ni dans l’enceinte de l’école, ni aux alentours.
Dans le centre-ville, l’image n’était guère différente. De l’école primaire Goréye à l’école primaire du Centre, en passant par Hadja M’Mah, toutes les directions et salles de classe étaient cadenassées. Aucun cours n’a été dispensé. La ville semble figée dans un silence inhabituel pour un jour de classe.
Les établissements privés, habituellement plus réactifs, n’ont pas fait exception. Au Groupe Excellence de Boké, au Groupe ALDEX et dans d’autres écoles de la place, enseignants comme élèves ont préféré rester chez eux. Hors micro, plusieurs encadreurs confient craindre de nouvelles attaques, à l’image des incidents enregistrés récemment dans certains établissements.
Tout au long de notre parcours, pas un seul élève n’a été croisé dans les rues de Boké, un phénomène rare qui traduit la persistance du climat de méfiance autour de la reprise. Les quelques élèves rencontrés à domicile disent attendre le lundi pour envisager un retour normal en classe.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
