Clôture à Kindia, de la session d’échange entre les associations de presse et des commissaires de la Haute autorité de la communication (HAC), ce mardi 4 novembre 2025. Une session d’échange autour de la lutte contre les discours de haine et d’incitation à la violence, appuyée par le système des Nations Unis en Guinée.
Durant deux jours, 40 journalistes venus des régions de Mamou, Labé et Kindia ont renforcé leurs connaissances sur les thématiques comme : spécificité des discours haineux envers les femmes, cadres juridiques et bonnes pratiques, rôle et responsabilité des medias et acteurs de la communication dans la lutte contre les discours de haine.
À l’issue de la formation, une motion de recommandations en faveur d’un journalisme respectueux de l’éthique, responsable et engagé pour la paix a été rédigée par les participants.
Pour Aboubacar Bountouraby Dramé de Mediaguinee et porte-parole des participants, ces enseignements ont permis désormais aux journalistes, d’exercer leur métier avec plus de responsabilité et de professionnalisme.

‘’Cependant, les participants constatent :
La persistance et la montée des discours de haine notamment à travers certains canaux médiatiques et les réseaux sociaux, constituant une menace réelle pour la cohésion nationale et la paix sociale ;
La non appropriation des hommes de médias des principes et règles qui leur régissent notamment les lois : L002 portant sur la liberté de la presse et L010 portant sur la haute autorité de la Communication ;
Le besoin de renforcer la collaboration entre la HAC, les medias publics et privés, ainsi que les organisations professionnelles pour promouvoir une communication responsable ;
Un besoin de renforcement de capacités des hommes de médias publics et privés et des organisations professionnelles à l’approche de l’élection présidentielle prochaine ;
Le rôle essentiel des médias dans la consolidation de la paix, la promotion de la tolérance et de la prévention des conflits’’, a-t-il mentionné.
Dans la motion finale, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des acteurs institutionnels, professionnels et partenaires de médias, afin de lutter contre les discours de haine et incitation à la violence.
À LA HAUTE AUTORITE DE LA COMMUNICATION (HAC) :
‘’D’intensifier les campagnes de sensibilisation et de formations des acteurs de médias dans l’application des dispositions légales sur les principes éthique et déontologique ;
Élargir la même formation aux promoteurs des medias, des communicants et partis politiques ;
Vulgariser la loi L002 portant sur la liberté de la presse et la loi L010 sur la Haute Autorité de la Communication ;
Assurer un suivi des participants pour évaluer l’impact des connaissances acquises sur leurs pratiques professionnelles ;
Renforcer la veille médiatique et la régulation des contenus diffusés notamment sur les réseaux sociaux ;
Mettre en place un protocole de signalement entre la HAC et les medias
AUX ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES DE LA PRESSE :
Sensibiliser leurs membres sur les violences sexuelles et les discours de haine en période électorale ;
Mettre en place de mécanismes d’autorégulation pour prévenir la diffusion de propos haineux ;
Adopter une ligne éditoriale face aux discours de haine ;
Veiller à la parité de sexes dans les débats ;
Mettre en place un réseau de journalistes pour la lutte contre les discours de haine.
LES PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS
Poursuivre les efforts de formation et d’accompagnement pour un environnement médiatique plus professionnel et apaisé ;
Assurer le suivi de la mise en œuvre des acquis de la formation’’, a rapporté Aboubacar Bountouraby Dramé au nom des participants.
En clôturant cette session d’échange entre les associations de presse et les commissaires, le président de la Haute Autorité de la communication, Boubacar Yacine Diallo a invité les hommes de médias à la prudence en période électorale.

‘’En période électorale, la presse constitue le principal vecteur de communication. Donc, les journalistes et les médias sont suffisamment sollicités et c’est généralement des périodes de tensions où des discours de haine et des appels à la violence sont proférés. Nous avons voulu prendre le devant en réunissant des journalistes et nos points focaux des régions de Kindia, de Mamou et de Labé, ici même à Kindia. Et d’après les recommandations qui ont été faites, les engagements qui ont été pris, nous sommes heureux de constater que les journalistes se sont engagés à ne pas révéler les discours de haine et les discours appelant à la violence et de privilégier la paix.
Comment est-ce que les journalistes doivent se comporter pendant cette période estimée sensible ? Comme vous le savez, dès lors que des candidats se sont déclarés et ont déposé leur dossier de candidature à la Cour suprême, nous sommes dans la pré-campagne. Les journalistes doivent être déjà très prudents sur les discours qui peuvent être tenus par les uns et par les autres. Et lorsque la campagne sera ouverte, naturellement, la HAC diffusera ses décisions réglementant la campagne électorale. D’ici là, et même pendant la campagne, prudence ! Comme je le dis, les opinions doivent être exprimées librement, mais la manipulation ne devrait pas avoir de la place ni la propagande visant à déstabiliser les institutions, visant à saper l’unité nationale, la presse devrait ne pas être en mesure de les relayer’’, a-t-il interpellé.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
