Promouvoir l’inclusion, valoriser le talent et renforcer le leadership féminin dans le numérique : tels sont les objectifs poursuivis par l’Agence Nationale du Service Universel des Télécommunications et du Numérique (ANSUTEN), à travers le Hackathon 100 % féminin, lancé à l’École nationale des professeurs de l’enseignement technique (ENPET), dans la commune de Matoto.

Ce concours de 48 heures réunit des jeunes femmes issues des institutions d’enseignement supérieur de Guinée, formées durant un mois dans le cadre de la troisième édition du programme de renforcement des capacités à l’usage du numérique (R-CUN). À l’issue de la compétition, cinq (5) projets les plus prometteurs seront sélectionnés et récompensés lors du Transform Africa Summit 2025, qui aura lieu du 12 au 13 novembre à Conakry.

Placée sous la tutelle du ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, l’ANSUTEN s’engage à favoriser une meilleure représentation des femmes dans l’écosystème digital guinéen comme l’indique Madame M’Balia Camara, directrice recherche et de développement de la dite institution.

‘’On est là aujourd’hui dans le cadre de la promotion de l’inclusion, du talent, mais aussi du leadership féminin dans le domaine du numérique’’, indique t- elle à l’entame de sa communication.
Selon elle, cette initiative s’inscrit dans une stratégie de transformation digitale féminine, articulée autour de trois axes. ‘’On a lancé effectivement depuis hier le Hackathon, dédié 100% aux femmes. Et c’est une initiative qui est portée par l’Agence nationale du service universel des télécommunications et du numérique, qui est une EPA qui est sous tutelle technique du ministère des postes et télécoms, qui opère notamment sur trois axes, à savoir la connectivité, la formation, l’inclusion numérique, mais aussi dans la recherche et l’innovation’’, a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, elle précise que les projets lauréats auront l’opportunité d’être présentés lors du Transform Africa Summit (TAS) que la Guinée abritera le 14 novembre prochain.
‘’Nous avons lancé un programme de renforcement de capacité à l’usage du numérique, et pendant quatre semaines, la structure a formé ces dames-là à travers le pays, notamment 60 à Conakry, 25 à Labé et 15 à Mamou, et c’est à l’issue de ces quatre semaines de formation intense dans les domaines techniques, notamment le UX design, le développement web, la programmation, que nous avons bien voulu clôturer par ce Hackathon 48 heures, qui aboutit à des projets prometteurs, dont cinq qui seront identifiés, retenus et primés, et qui vont bien évidemment pitcher lors du TAS, qu’on appelle Transform Africa Summit, que la Guinée abrite cette année, et ça se passera le 14 novembre au Radisson Blue Hotel’’, a-t-elle annoncé.

Fanta Camara, étudiante en troisième année en génie informatique à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry avec son projet « Djelia », s’est exprimée en ces termes : « Nous avons remarqué que nos langues, nos traditions et nos cultures sont menacées par l’oubli. Les jeunes parlent français, soit anglais, mais peu parlent leur langue locale. Mais aussi nos griots, nos acteurs culturels font tout pour valoriser notre identité, mais, ils ne sont pas connus sur le numérique. Nous avons donc décidé de mettre en place une solution intelligente qui allie technologie et culture. Notre application permet d’apprendre les langues locales (Sousou, Malinké, Poular ou Kissi, à travers une intelligence artificielle. Mais aussi nous proposons une vitrine numérique où nous exposons nos acteurs culturels pour qu’ils puissent vendre leur savoir-faire, pour qu’ils puissent être reconnus. Mais également, nous avons Djelibot, une intelligence artificielle qui va raconter des histoires, des contes, soit en audio ou en texte’’, a-t-elle indiqué.

Rasi Diallo, également étudiante en troisième année, déclare les ambitions de son projet. ‘’Notre projet est un jeune talent. Parce que c’est des jeunes qui l’ont conçu et c’est pour les jeunes. Plus de 70% des jeunes guinéens évoluent dans le secteur informel. Donc, c’est justement mettre de la lumière sur eux. Parce qu’on sait que beaucoup aussi sont à la maison, diplômés, sans travail. Et justement, quand on a une plateforme, c’est aussi facilement et naturellement qu’on vient là-dessus, on scrolle, on trouve le talent qu’on cherche dans n’importe quel domaine artistique ou artisanal, pour pouvoir l’échanger, le contacter pour ses services. Donc, en quelque sorte, c’est le but de notre plateforme qu’on doit mettre en place’’, a-t-elle expliqué.
Fodé Momo Bangoura, entrepreneur dans le secteur digital, membre du jury, a salué la pertinence des solutions proposées.

‘’Les projets des jeunes sont très intéressants. Nous nous réjouissons d’ailleurs de voir que les jeunes parviennent à s’attaquer à de nombreuses problématiques locales. C’est donc très encourageant, et nous en ressortons optimistes quant à ce que sera la Guinée de demain’’, a-t-il magnifié.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.

