Depuis la soirée de ce vendredi 30 octobre 2025, rien ne va entre les bouviers maliens et les femmes paysannes de la sous-préfecture de Firawa, une localité à vocation agro-pastorale, située à 48 km de la commune urbaine de Kissidougou.

Ces femmes, généralement habillées en rouge, se sont grandement mobilisées ce vendredi soir, pour exiger le départ des troupeaux transhumants présents sur leur territoire depuis plusieurs années. Déterminées à obtenir gain de cause, elles se sont massivement rendues en brousse pour assiéger les parcs installés dans les environs, afin de contraindre les bouviers à quitter définitivement cette zone. Et jusque dans la journée de ce samedi 1er novembre, les femmes sont toujours campées devant ces parcs où elles ont d’ailleurs passé la nuit.

Malgré les négociations amorcées par les autorités locales, ces femmes se montrent catégoriques cette fois-ci. ‘’Nous irons jusqu’au bout, car trop c’est trop’’, scandent-elles.
Marie Jeannette Komano, présidente des femmes de Firawa, revient sur les temps forts de ce face-à-face tendu avec les bouviers.

‘’Vous savez, la patience a des limites. Cette révolte c’est comme une lutte pour la survie, si on ne se lève pas, notre communauté risque de disparaître. Donc, nous sommes en mission pour sauver nos enfants et nos maris, car la famine s’est installée dans notre localité à cause de la présence de ces troupeaux. Chaque fois quand on veut se révolter, les autorités nous appellent au calme. C’est pourquoi, cette fois-ci, nous avons agi de façon spontanée, parce que ces bouviers ne veulent pas quitter pacifiquement.
Alors, ce vendredi, quand nous sommes venues en masse devant leurs parc, les bouviers nous ont menacées avec les couteaux. Mais face à notre détermination, ils ont renoncé aux menaces. Quand nous leur avons demandés de partir, ils ont répondu que leur patron est en déplacement en Sierra Leone. Donc, à partir d’aujourd’hui, nous ne pouvons plus supporter la présence des bouviers sur notre territoire, c’est maintenant ou jamais. Nous demandons aux autorités d’écouter les cris de cœur des femmes. Aidez-nous à récupérer nos terres cultivables. Ici, nous avons l’habitude de produire du riz, du haricot, du café et des produits maraîchers.
Mais actuellement, nous sommes obligées de chercher des rameaux pour produire des balais que nous revendons pour nourrir nos enfants. Nous exigeons le départ de ces troupeaux sans délai. Sept ans de souffrance, ça suffit maintenant’’, a-t-elle martelé.
Selon le vice-président de la délégation spéciale de la commune rurale de Firawa, qui a d’ailleurs confirmé cette information, les autorités locales sont en train de tout mettre en œuvre pour tenter de dénouer cette situation, qui pourrait dégénérer d’un moment à l’autre, si rien n’est fait avant la nuit de ce samedi.

Cette révolte des femmes de Firawa intervient à un moment où la tension ne faiblit pas entre éleveurs transhumants et agriculteurs autochtones au sud du pays, poussant le gouvernement à demander pour la énième fois, à ces éleveurs de sortir du territoire national, sans délai.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Merevelateur224.com.
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