La tension monte de nouveaux d’un cran à la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK). Les travailleurs de cette compagnie minière ont haussé le ton ce vendredi 31 octobre 2025, pour exiger l’application effective de la convention signée entre les syndicats, l’État et le patronat du secteur minier guinéen.

Rassemblés sur leur lieu de travail, les agents de la CBK ont tenu à préciser que leur mouvement n’avait rien d’une grève. ‘’La raison de notre présence ici aujourd’hui n’est pas une grève, mais une réclamation de droit’’, a déclaré Sekouba Soumah, conducteur de locomotive à la CBK, qui a porté la voix de ses collègues.

Selon lui, la convention collective qui fixe les conditions de travail et les grilles salariales dans le secteur minier guinéen n’est toujours pas appliquée par leur direction.
‘’La convention qui a été signée entre les centrales syndicales, l’Etat et le patronat, pour le droit des travailleurs des mines et carrières n’est pas respectée dans notre compagnie. Et ce n’est pas la première fois qu’on arrête le travail, c’est la troisième fois. Et nous voulons que ce soit encore la dernière fois, pour que ce qui est dit par ces trois structures soit respecté par nos patrons. Car quand tu fais ton devoir, il faut réclamer aussi ton droit. Le 1er septembre 2025, nous avons fait un arrêt. L’inspecteur général régional d’abord était venu à 9h45.
On a fait des entretiens, ça n’a pas abouti. À 16h, M. l’inspecteur général était aussi venu. Il nous a rassemblés, il nous a tenu une promesse de les laisser pour 10 jours pour qu’il va résoudre notre problème.
Dans les 10 jours du 1er septembre jusqu’au 15 octobre, rien n’a été résolu. Nous avons arrêté le travail. Nos patrons et nos syndicats sont partis jusqu’au ministre de la fonction publique et ministre de la mine et zoologie. Ils ont fait une discussion, ça n’a pas abouti. Ils sont venus, ils nous ont convaincus, on a encore repris le travail. Rien n’a abouti jusqu’à la paie de ce mois d’octobre’’, a-t-il expliqué.

Plus loin, ces agents de la CBK affirment que leurs salaires sont bien inférieurs à ceux prévus par la convention. ‘’Certains travailleurs n’ont eu que 2 millions, 3 millions, voire 1 millions 500 mille comme salaire, quelqu’un qui travaille dans la mine. Et la convention dit que tous ceux qui ont 4 ans d’expérience diplômés et employés, doivent être agents de maîtrise. Un salaire de base de 8 millions 500 mille. Les ouvriers non qualifiés, un salaire de base de 2 millions 600 mille’’, a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, ces employés dénoncent leurs conditions de vie qu’ils jugent difficile. ‘’Si nous restons dans cette situation, nous allons mourir à petit feu. Tout le monde sait que le travail de la mine, dans les conditions normales, c’est 15 ans. Tu fais les 15 ans de service, tu peux quitter, tu vas ailleurs. Mais nous, on a des gens qui ont fait plus de 20 ans de service, je jure au nom du bon Dieu, ils n’ont pas pu construire une maison. Même pour acheter un terrain, il faut aller à la banque faire un prêt. Tu achètes le terrain. Après les 4 à 5 ans, tu prends encore un autre prêt, tu fais ton placement et aller jusqu’à un certain niveau. Quand ça bloque, il faut attendre encore 4 à 5 ans pour avoir un autre prêt pour continuer ton travail. Comment vivre ? Comment préparer ton avenir ?’’, s’est interrogé.
Pour finir, il a lancé une invite au président de la transition. ‘’Nous, nous sommes là, nous lançons un appel solennel à M. le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, de faire face à la situation des travailleurs de la CBK. Nous vivons dans la précarité. Regardez notre enceinte, regardez les rails, mettez les caméras sur les rails, dans lequel nous travaillons.’’
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
