Après plusieurs années d’enquêtes, le commissariat central de la police de Kissidougou vient de démasquer un grand réseau de cybercriminels. C’est un groupe composé de 4 personnes. Ils étaient jusque-là retranchées derrière les faux comptes Facebook dénommés »Enfer de Kissidougou Saison 1″ et Enfer de Kissidougou sur Facebook ».
Il s’agit en effet de Souleymane Condé alias Soul, Bangaly Diallo alias Dinar, Amara Camara et Ousmane Sylla. Selon nos sources, ces 4 suspects ont été interpellés depuis le 17 octobre 2025 et déjà, leur dossier est transféré au parquet du TPI de Kissidougou qui a aussi tôt placé trois d’entre eux sous mandat de dépôt.
Dans la foulée, cette information a été confirmée par le parquet qui a d’ailleurs précisé que ces suspects sont poursuivis pour des faits graves de cybercriminalité notamment le chantage, les injures publiques et l’atteinte à la vie privée. Selon le parquet, les audiences dans cette affaire s’ouvriront dans un bref délai au TPI de Kissidougou.
Dans le camp des victimes qui sont généralement des jeunes lycéennes et collégiennes, c’est l’entière satisfaction. C’est le cas de Madeleine Ténin Teinguiano, présidente de l’Ong de défense des droits des femmes Save Guinée/Kissidougou. Étant parmi les victimes, elle rappelle le combat qu’elle a mené pour l’arrestation des bourreaux.

‘’Effectivement, j’ai été à plusieurs reprises, victime de diffamation de caractères, de piratage de compte et d’injures publiques via les réseaux sociaux. C’était des moments difficiles à traverser. Mais, heureusement pour moi, je ne me suis jamais sentie abandonnée. Tout le dénigrement que j’ai subi, c’était à cause de mon engagement à défendre les causes des jeunes filles.
En fin 2023, j’ai reçu des messages de menaces sur Messenger, puis quelques temps après, j’ai vu que mon compte Facebook était piraté. Un jour, j’étais surprise de voir mes images sur Facebook avec des injures grossières contre ma personne. Directement, j’ai saisi la police à travers une plainte, mais les premières enquêtes n’avaient pas abouties, car c’est un phénomène complexe. Je n’ai pas baissé les bras et j’ai réussi à rassembler des preuves à travers les conversations, les captures d’images que j’ai présentées au procureur.
Donc, finalement, quand l’enquête a été relancée par la police, le réseau a été démasqué. Je ne suis pas la seule victime, je connais beaucoup de jeunes filles élèves qui sont également victimes au lycée Soundiata, au lycée St. Kizito et dans beaucoup d’autres établissements scolaires.
Aujourd’hui, je veux que justice soit rendue dans cette affaire, pour non seulement sanctionner les auteurs de ces actes inhumains, ignobles et malsains, mais aussi, pour dissuader d’autres personnes qui tenteraient de faire les mêmes pratiques. Je reste convaincue que la protection des jeunes filles est un combat de toute la société guinéenne. J’invite l’État guinéen à montrer ses muscles dans ce combat, même si je reconnais que beaucoup d’efforts sont en train d’être consentis dans ce domaine. J’invite les jeunes filles de ne pas rester isolées quand elles sont victimes de dénigrement via les réseaux sociaux, elles n’ont qu’à porter plainte et essayer de réunir un minimum de preuves.
C’est le lieu de remercier spécialement le procureur du TPI de Kissidougou, la police, ma structure d’origine et les personnes de bonnes volontés qui m’ont accompagnée dans ce combat notamment Mme Amezonli Dilma, activiste des droits des femmes et M. Ansoumane Mory Mara, conseiller à la commune urbaine de Kissidougou, sans oublier l’officier de police Abdoul Karim Soumah de l’Oprogem Kissidougou’’, a-t-elle rappelé.
Il faut signaler que les violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VGBT), sont en train de prendre une allure inquiétante dans nos sociétés. Les espaces numériques constituent de nos jours un nouveau terrain pour les violences sexistes. Il est alors grand temps pour nos décideurs de contrôler ce phénomène à travers le renforcement du cadre juridique, l’éducation à la citoyenneté numérique, la création des mécanismes de signalement accessibles, la responsabilisation des plateformes numériques et le soutien des victimes.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 610 454 552
