Le président de la transition a promulgué la nouvelle constitution le 28 septembre dernier après le scrutin référendaire. Dans ce nouveau texte de loi, certains acteurs politiques remettent en cause plusieurs dispositions, notamment la question de la limitation d’âge pour la présidence de la République.
A partir de 80 ans, aucun candidat n’est éligible pour diriger la Guinée, selon la nouvelle constitution. Pour Mouctar Kalissa, cette disposition est perçue comme un acharnement contre quelques leaders politiques. Le secrétaire national de la jeunesse de l’UFR trouve que la transition guinéenne vise à éliminer certains leaders politiques
‘’Dans aucun pays du monde, on ne parle de la limitation d’âge. Si on se réfère à la constitution américaine, il y a de cela plus de 400 ans, la constitution française également, ces constitutions-là ne font allusion en aucun cas à la limitation d’âge. Ces constitutions-là demandent quoi ? Toute personne apte, physiquement, mentalement, à gérer un pays, s’il est citoyen de ce pays, il peut le faire. Mais par contre, en Guinée, cette limitation d’âge-là vise une certaine catégorie de leaders, des choses qui ne sont pas normales.
Il faut rappeler aux guinéens que la transition n’est pas exclusive. La transition est inclusive. La transition n’est pas là pour disqualifier certains au profit d’autres. La transition est là pour réunir tous les fils du pays dans un même bol, pour pouvoir avancer, pour pouvoir faire développer le pays’’, assure Mouctar Kalissa.
Parlant de son président, le secrétaire national de la jeunesse de l’UFR rassure que Sidya Touré ‘’n’a pas dépassé les 80 ans. Pas du tout. On dit à partir de 80 ans. Au-delà de ça, quelqu’un qui prend le pouvoir par exemple, il a 79 ans, il exerce son mandat, son premier mandat, il est dans les 80 ans, il a dépassé. Étant donné qu’il a bien travaillé, et le peuple lui redonne sa confiance, la Constitution va l’interdire aussi de ne plus revenir ? Est-ce que la Constitution va l’interdire de ne plus revenir ? C’est une Constitution taillée sur mesure.
Et il y a tellement de manquements dedans. Quelqu’un qui prend le pouvoir à 69 ans, il a 7 ans de mandat. Il est dans les 80 et quelques. Au-delà de ça, son premier mandat, il a travaillé. La population a eu confiance en lui. Donc, à partir de là, la Constitution l’interdit de ne plus se présenter maintenant?’’, s’est-il interrogé avant de poursuivre. ‘’Il faut donner la chance à ceux-là qui peuvent faire avancer ce pays, de nous faire avancer. Il faut donner la chance aux bons guinéens. Il ne faut pas faire la promotion des médiocres.
Donc, la limitation d’âge, c’est une grosse faute dans cette Constitution. ça n’a aucun sens. Parce qu’ils estiment que les deux grands leaders charismatiques de ce pays, à la personne de MM. Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré ils sont sur cette ligne. Donc, il faut les écraser techniquement. Mais, c’est une grosse faute. Une très grosse faute’’, a martelé Mouctar Kalissa, qui n’a pas manqué d’adresser un court et fort message au président du CNT.
‘’Je fait appel au président du CNT. Il a trahi la nation guinéenne. C’est une pure trahison. Il pense aujourd’hui faire du mal à d’autres guinéens. Mais ils se sont fait du mal à eux-mêmes’’, prévient-il.
Plus loin, il s’est dit persuadé que l’âge ne doit en aucun cas être un frein pour un candidat qui est physiquement et intellectuellement apte à diriger son pays. Il prend l’exemple sur la démocratie américaine ou encore celle camerounaise, même si tout n’est pas rose de ce côté.
‘’Cette limitation d’âge, c’est du jamais vu. Du jamais vu dans une Constitution. La plus vieille démocratie au monde, c’est les Etats-Unis. Qui dirige là-bas aujourd’hui ? C’est une personne de 79 ans à 80 ans. Donald Trump. Mais il est apte, physiquement, intellectuellement à gérer les Etats-Unis.
Si nous prenons chez nos collègues du Cameroun, malgré que celui qui est là-bas aujourd’hui, il est dans les 83 ans. Mais, s’il fait l’affaire du peuple, c’est ce dont on a besoin’’, argue-t-il.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
